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Séquence 4e : Découvrir le fantastique à travers le texte et l’image

20 / 06 / 2007 | le GREID Lettres

Conformément au programme de quatrième, cette séquence se donnait pour objectif d’approfondir la connaissance des genres narratifs en explorant la notion de "fantastique".

Les élèves n’utilisent que trop souvent à tort et à travers cette notion pour l’appliquer à tout ce qui sort de l’ordinaire, mêlant ainsi allégrement le merveilleux monde des contes de fées, les épouvantables histoires de monstres, les récits de science-fiction…

A la perspective d’une inévitable restriction de la définition, on se proposait, par compensation en quelque sorte, d’élargir le champ d’exploration à des esthétiques variées : la littérature avec La Vénus d’Ille de Mérimée ; la Bande Dessinée avec deux planches extraites de Sasmira, tome 1, L’Appel, de Vicomte (Les Humanoïdes associés SA, Genève, 1997)1 ; le cinéma avec l’ouverture de Matrix 2 des frères Wachowski et surtout une analyse plus poussée du film d’Alfred Hichtcock Les oiseaux3.
On espérait montrer ainsi aux élèves que la notion de fantastique dépasse le cadre des genres pour accéder à celui de registre, tout en leur signalant que chaque art y met pour cela ses moyens propres.

Cette séquence fut conduite en quatre étapes qui ont permis d’affiner au fur et à mesure la notion en passant du texte à l’image.


par Cyril GAINAUX, professeur de Lettres modernes
au Collège Le Parc (Aulnay- sous-Bois)

 


 

Etape 1 : le fantastique dans La Vénus d’Ille

C’est avec la nouvelle de Mérimée La Vénus d’Ille que les élèves ont abordé la notion. Après avoir été évalués sur cette lecture cursive, les élèves ont consigné dans un tableau l’ensemble des " phénomènes étranges " survenus au cours de l’histoire. En regard de chaque phénomène, ils ont indiqué l’explication rationnelle et l’explication irrationnelle qui sont données ou seulement suggérées par le texte. Ils ont abouti à ce tableau :

LA DOUBLE INTERPRETATION DANS LA VENUS D’ILLE

EPISODES

EXPLICATION RATIONNELLE

EXPLICATION IRRATIONNELLE

La jambe cassée de Jean Coll

Simple accident

Action volontaire de la Vénus : elle se venge de Jean Coll qui lui a donné un coup de pioche

La pierre qui, jetée sur la Vénus, revient sur l’apprenti

Hasard, la pierre a ricoché

Action volontaire de la Vénus : elle se venge de l’agression des apprentis

L’impression étrange que donne la statue

Son caractère unique, sa perfection, le fait qu’elle est l’œuvre d’un grand artiste

Ce n’est pas une simple statue mais un être vivant doté de pouvoirs maléfiques

La trace blanche sur la main de la Vénus

Hasard, la pierre a heurté la main au passage

La Vénus a bien relancé la pierre

M. Alphonse ne fait plus aucune faute après avoir passé la bague à l’annulaire de la Vénus

Il n’est plus gêné par la bague et a retrouvé toutes ses qualités de joueur

La Vénus le protège car il est devenu son mari

M. Alphonse oublie sa bague au doigt de la Vénus

Il est distrait car il est fier de sa victoire

Influence de la Vénus : elle garde sa bague de mariage et soumet M. Alphonse

Lorsque M. Alphonse veut reprendre la bague, le doigt de la Vénus est replié

Illusion du marié, due à son état d’ivresse

La Vénus ne veut pas rendre la bague car elle se considére comme l’épouse de M. Alphonse

Les pas nocturnes dans l’escalier

M. Alphonse monte ivre

La Vénus monte accomplir son crime

Les pas à l’aube dans l’escalier

Pas de l’assassin

La Vénus repart après avoir accompli son crime

La bague au pied du lit

M. Alphonse l’a rapportée

La Vénus est venue la rendre à celui qui l’avait trahie

Le meurtrier et son mobile

L’Aragonais humilié de sa défaite ou des tueurs à gage à son service

La Vénus pour se venger de son mari infidèle

Les vignes ont gelé deux fois

Hasard

Même fondue en cloche, la Vénus continue d’exercer son action maléfique

 

Avec ce tableau, la coexistence des explications, leurs contradictions permanentes, l’irrésolution finale, bref ce qui fait la spécificité du fantastique apparaissait clairement. La cohérence de l’univers, et les certitudes qui l’accompagnent, telle qu’elle est présentée par le narrateur dans le cadre réaliste de l’ouverture du récit, est balayée. Jusqu’à la dernière ligne, pour le narrateur comme pour le lecteur, le doute, le mystère perdurent, en suspens.

Etape 2 : Sasmira, tome 1, L’Appel, de Vicomte

Cette première approche a été complétée ensuite par l’étude des deux planches de la bande dessinée de Vicomte.
L’objectif est dès le départ annoncé : on recherche des procédés plastiques permettant de créer cette "atmosphère fantastique" repérée dans la nouvelle de Mérimée.
Certes, la lecture complète des deux planches lève finalement l’ambiguïté sur " l’apparition " : il ne s’agit pas du fantôme d’une jeune fille du temps passé mais de Bertille, l’amie du personnage principal, qui, déguisée, a voulu faire une farce à son camarade Stan, jeune homme lui-même assez fantasque.
Les élèves ont toutefois rapidement remarqué que l’on retrouvait dans la bande dessinée des points communs avec la nouvelle : l’hésitation entre l’explication rationnelle (l’apparition d’un personnage réel) et l’explication irrationnelle (une " revenante "), entre la réalité et le rêve puisque dans la première planche, le héros est présenté comme endormi.
Pour aller plus loin, les élèves ont reçu un questionnaire sur les spécificités de la B.D. et sur les techniques narratives qui lui sont propres (questions en gras, réponses attendues en écriture normale). Le voici avec les réponses attendues.

Etude de la planche 1

1. Lisez le résumé. A l’aide des indications qu’il vous fournit, dites quelles hypothèses le lecteur peut faire à la fin de la planche 1.
Hypothèses formulées :

- c’est Bertille, partie à sa recherche de Stanislas : elle l’appelle Stan (familiarité).

- c’est la jeune fille de la photographie, d’où son costume d’époque et le regard halluciné de Stan. Ce doute sur l’identité du personnage féminin crée à la fois angoisse et suspense. Cet effet est amplifié par le fait que les deux pages ne sont pas en vis-à-vis : il faut tourner la page pour avoir la réponse.

2. Par quels procédés l’identité de la jeune fille est-elle maintenue mystérieuse ?
On ne voit jamais son corps :

- gros plans et très gros plans => effet de morcellement du corps

- angles de vue : de dos et coupée à mi-cuisse, contre-plongée.

- plan d’ensemble, profondeur de champ (effet de lointain) + contre-jour

3. Quelle atmosphère se dégage de la planche 1 ? Quels moyens sont utilisés pour créer cette atmosphère ?
Etrangeté, angoisse, suspense :

- vision morcelée des corps, jamais de corps visibles intégralement

- formats très variés des vignettes, aucune identique, ce qui crée un certain malaise

- angles de vue inhabituels : plongée ; contre-plongée (1) ; plan d’ensemble depuis le sol en contre-plongée.

- petit nombre de bulles : toutes interrogatives, très brèves, points de suspension, une blanche qui exprime la peur et la surprise, une ne contenant que des signes de ponctuation et donc le silence qui domine.

- apparence du personnage : regard de Stan, yeux écarquillés, passage du gros plan au très gros plan, impression qu’il est cloué sur place tandis que la femme approche ; il se lève péniblement du lit, déséquilibre du corps et mouvement pressé vers la porte.

4. Par quels procédés le narrateur fait-il partager les émotions du personnage par le lecteur ? Comment fait-il en sorte que le lecteur adopte le point de vue de Stan ?
Les dernières vignettes sont en champ / contre-champ : on voit Stan en gros plan puis en très gros plan puis ce qu’il voit. On suit simultanément ce qu’il voit et le sentiment que cela produit dans son esprit. En dépit des apparences, il n’y a plus seulement succession chronologique des vignettes (l’avancée du personnage et ses répercussions sur Stan) mais aussi une simultanéité (les vignettes 7-8 et 9-10 forment des couples d’instantanés).

 

Etude de la planche 2

1. Par quels moyens le narrateur retarde-t-il la révélation de l’identité de la visiteuse ?

- lumière : jeu sur l’ombre

- angle de vue : vue de dos

- cadrage : gros plan sur son cou et son oreille

- profondeur de champ : évanouissement de Stan, bulle noire

- " caméra subjective " ou " vision interne " : reprise progressive de conscience, passage du flou au net

2. Quel point de vue le lecteur adopte-t-il vignettes 5 à 8 ?
Celui de Stan qui recouvre progressivement la vue (focalisation interne).

3. Quel changement de tonalité intervient dans cette planche ? A quel moment ?
Passage du ton dramatique au ton plaisant, de l’angoisse au soulagement, à la détente, avec même une pointe d’humour. Passage du fantastique au réalisme, du doute au rationnel.

4. Quelles remarques pouvez-vous faire sur le cadrage dans les dernières vignettes ?
Passage du gros plan au plan d’ensemble  : élargissement progressif du champ, accentué par la plongée finale avec un effet de détente après la tension.

5. Quelles remarques pouvez-vous faire sur la lumière dans les dernières vignettes ?
A l’image de l’esprit du héros qui sort des ténèbres angoissantes du doute ou de la folie pour retrouver des certitudes rassurantes, les dernières images sont plus claires, plus lumineuses.

=> L’analyse de ces deux planches a montré aux élèves que pour obtenir le même effet que dans la nouvelle de Mérimée, la bande dessinée faisait appel à des moyens variés et spécifiques. On a donc proposé aux élèves de faire une synthèse sur le genre (la BD) et les techniques qu’elle utilise. Pour illustrer ces dernières, on leur a communiqué la planche de Gotlib tiré de Rubrique à brac, T.1 (Dargaud éditeur) qui a pour titre langage cinématographique et qui présente avec humour de nombreux procédés communs à la B.D. et au cinéma.

Voir la synthèse sur le genre de la Bande dessinée

BILAN : LE GENRE DE LA BD

I. A QUOI RECONNAIT-ON LE GENRE DE LA BANDE DESSINEE ?

- une succession de vignettes sur une page : une planche
+ à la fin de chaque planche, le but de l’auteur est de pousser le lecteur à poursuivre

- des bulles arrondies ou rectangulaires et terminées par un appendice qui les relie au personnage qui parle, sauf quand le dessin ne le permet pas : le contexte permet alors de comprendre

- une histoire racontée en images, impression d’un déroulement chronologique malgré l’ellipse temporelle entre presque toutes les vignette è effet de récit.

II. QUELLES TECHNIQUES LA BANDE DESSINEE UTILISE-T-ELLE ?
La bande dessinée emprunte la plupart de ses procédés à la photographie et au cinéma, tout en inventant ses propres codes. Ces différents procédés créent des effets particuliers selon le contexte.

  • Techniques de la photo et du cinéma
    Elle joue sur :
    • les types de cadrage
      - le plan d’ensemble donne une vision élargie, panoramique : il montre à la fois les personnages et le cadre dans lequel ils évoluent
      - le plan moyen montre les personnages en pied, c’est-à-dire entièrement
      - le plan américain coupe les personnages à mi-cuisse
      - le plan poitrine montre les personnages jusqu’à la poitrine
      - le gros plan montre de très près un objet ou un visage, révélant les détails
    • le champ / contre-champ
      On appelle champ l’espace donné à voir dans un cadre. On appelle contre-champ l’espace diamétralement opposé au champ. La technique du champ / contre-champ est courante au cinéma.
    • les angles de vue
      - de face
      - de profil ou de ¾
      - de dos
      - d’en bas : contre-plongée
      - d’en haut : plongée
    • les ombres et les lumières
      - contre-jour
      - fondu au noir
    • la mise au point : effet de flou
  •  

  • Techniques qui lui sont propres
    Elle joue sur :
    • le format des vignettes
    • la disposition des vignettes sur la planche pour indiquer, par exemple, la simultanéité ou la succession des vignettes
    • le passage d’une planche à l’autre (notamment sur le passage de la planche de droite à la page gauche suivante)
    • la typographie des caractères et la ponctuation au sein des bulles
  •  

    Etape 3 : Matrix

    Pour préparer l’étude de l’œuvre intégrale (étape 4), on a fait visionner aux élèves le début de Matrix. L’objectif était de montrer aux élèves dans ce film bien connu et néanmoins complexe l’importance du montage des séquences.
    Les élèves ont regardé le début du film Matrix depuis le générique jusqu’à l’expulsion du mouchard électronique du ventre de Néo/Anderson. Afin de faciliter le travail à venir, je faisais des pauses à chaque changement de séquence.
    On a ainsi observé avec les élèves la succession des séquences suivantes :

    G : Génériques
    S1 : poursuite de Trinity (en deux parties : dans et sur l’immeuble / dans la rue jusqu’à la cabine téléphonique)
    S2 : premier réveil de Néo devant son ordinateur
    S3 : révélations de Trinity à Néo dans la boîte de nuit
    S4 : Second réveil de Néo (en retard)
    S5 : Néo/ M. Anderson dans son entreprise ; échec de la tentative de fuite, arrestation
    S6 : Interrogatoire d’Anderson/ Néo par les " Agents "
    S7 : Troisième réveil de Néo
    S8 : Le mouchard est expulsé du ventre de Néo par Trinity dans la voiture.

    On a remarqué alors une alternance entre :

    • d’une part, un monde où les lois naturelles ne sont pas les nôtres
      • S1 : l’extraordinaire fuite sur les toits de Trinity et la poursuite par les Agents ; puis sa disparition instantanée et inexplicable dans la cabine téléphonique - disparition qui surprend les spectateurs mais pas les " Agents "
      • S6 : l’effacement électronique (?) de la bouche de M. Anderson au poste de police pendant son interrogatoire ; puis la métamorphose virtuelle (?) du mouchard électronique avant son introduction dans le corps de Néo.
    • d’autre part un univers qui ressemble au nôtre à peu de choses près.

    Les élèves ont aussi été sensibles à la variété des transitions ou raccords entre les séquences :

    • Le tout début du film jusqu’au premier réveil de Néo
      • G > S1 : zoom avant sur un zéro vert à l’écran d’un ordinateur > fondu au noir > écran presque entièrement blanc > faisceau d’une lampe torche d’un policier
      • S1 > S2 : zoom avant sur le combiné téléphonique > fondu au noir > zoom arrière sur une lettre de l’écran de l’ordinateur formant le " search ".

        => Le générique et la première séquence semblent de la sorte former une unité :
        - un personnage central (Trinity)
        - un univers particulier (les lois physiques que nous connaissons n’ont plus cours pour l’héroïne et les Agents tout au moins)
        - des mouvements particuliers de caméra (ralenti, accéléré, zoom avant lié au passage d’un univers à un autre à travers des moyens modernes de communication : l’écran de l’ordinateur, puis le combiné téléphonique et le fil de communication).

        => Le second zoom avant pourrait ainsi avoir le sens d’une clôture de ce premier "mouvement". L’ouverture de la séquence suivante (S2) sur l’écran de l’ordinateur (où défile une dépêche sur Morpheus) et sur Néo endormi peut donner le sentiment que ce que le spectateur a vu jusque-là n’est que le rêve de Néo. Cette impression est semble-t-il confirmée par la question de Néo à son visiteur intempestif :
        " Il t’est jamais arrivé de ne pas savoir si tu es éveillé ou encore endormi ? "
        Question à laquelle l’interlocuteur répond :
        " Tout le temps, mec. Et ça s’appelle la mescaline. La seule façon de planer tout le temps. "
        Ces derniers propos suggèrent une autre hypothèse sur le début du film : une drogue absorbée par Néo aurait pu provoquer ces " visions ".

    • Du premier au second réveil de Néo
      Reste le curieux message de l’ordinateur : " Suis le lapin blanc, Néo " et le zoom jusqu’au gros plan sur le tatouage figurant un lapin à l’épaule de la jeune femme qui accompagne le visiteur. L’absence de raccord, le cut, entre S2 et S3 puis entre S3 et S4 ne manque pas d’être ambigu : double cut elliptique nécessaire pour que les personnages se rendent à la discothèque puis que Néo revienne chez lui ? Néo aurait alors réellement suivi le lapin blanc tatoué, entendons la jeune femme, dans le monde réel ? Mais alors quid de l’allusion à Alice au pays des merveilles puisque justement suivre le lapin blanc dans le conte de L. Carroll, c’est pénétrer dans le monde merveilleux ? Le cut indiquerait-il que Néo aurait seulement rêvé et repris le fil de son rêve en rencontrant cette fois Trinity dans la discothèque ? La dernière hypothèse pourrait sembler plus certaine pour le spectateur si l’on considère que le raccord entre les deux séquences (S3/S4) se fait par le son avec la surimposition de la musique de la boîte de nuit et de la sonnerie du réveil de Néo dans son lit ; il n’y aurait donc pas ellipse mais juxtaposition des moments… Le réveil aurait sorti Néo de son rêve.
      C’est la suite du film qui se chargera de donner des réponses à ces questions. L’heure est encore à l’incertitude, la confusion volontairement agencée par le montage des séquences.
      La symétrie des deux " zooms avant ", la succession de raccord en cut, la récurrence des scènes de réveil de Néo, les références multiples enfin à Alice au pays des merveilles, avant même la rencontre avec Morpheus, entretiennent chez le spectateur le sentiment de confusion entre le rêve et la réalité.

    • L’interrogatoire de Néo, son troisième réveil, l’expulsion du mouchard électronique
      Le même effet est produit après l’insertion dans le corps de Néo du mouchard virtuel. Cette scène d’épouvante est montée en cut avec le réveil de Néo. Eveillé en sursaut, celui-ci se rassure en se tâtant le ventre. Tout cela n’était qu’un mauvais rêve semble-t-il dire et le spectateur est tout prêt à le penser aussi. Toutefois, après avoir retrouvé Trinity dans une voiture, Néo découvre que tout cela n’était pas un mauvais rêve mais la réalité.
      Les deux univers du rêve et de la réalité qu’une sorte de tunnel numérique semblait relier, sont en fait juxtaposés et finalement assimilés : tout ce que nous avons vu s’est réellement produit, du moins avant que Morpheus ne révèle à Néo en recourant à nouveau à l’allusion à Alice et à son lapin, que tout ce qu’il a vécu n’est qu’un rêve, que tout ce qu’il a vécu est un leurre - révélation que pour sa part, le spectateur est tout prêt à croire tant il a été ballotté de leurre en leurre, dans cette première partie du film.

    L’étude de l’ouverture de Matrix avec les élèves a donc été l’occasion de sensibiliser les élèves aux différents raccords et à la nécessité de leur donner un sens.
    On a complété leur synthèse sur les procédés propres à l’image en définissant les différents raccords possibles entre séquences (cut ; fondu au noir, au blanc, enchaîné ; raccord son), certains mouvements de caméra (zoom, travelling, panoramique) et quelques effets spéciaux (ralenti, accéléré).

    Etape 4 : Les oiseaux

    Armés de ces nouveaux outils, les élèves ont abordé l’étude d’une œuvre intégrale par extraits : Les oiseaux d’Hitchcock.

    On a procédé dans cet ordre :

    - Réflexions sur le titre
    - Le motif des oiseaux du début du film jusqu’à l’anniversaire de Cathy Brenner
    - Etude de séquences choisies avec les procédés cinématographiques qui ont retenu notre attention :

    • L’anniversaire de Cathy : un montage significatif
    • A l’école : profondeur de champ, composition du cadrage…
    • A la cafétéria : des interprétations et des points de vue multiples
    • Auto-évaluation : la découverte du corps du grainetier
    • Evaluation finale : Mélanie au grenier.

     

    1. Le titre et le motif des oiseaux dans la première partie du film (à partir d’une sélection de moments dans la première partie du film)
    a) Etude du titre : Les oiseaux
    On a demandé aux élèves ce que ce titre leur évoquait. Ils ont d’abord proposé une liste d’oiseaux que l’on a essayé de classer en fonction de leur milieu (marin / terrestre), de leur taille, de leur couleur (plumage bigarré / uni), de leurs régimes alimentaires (végétaux, fruits, animaux)…

    Puis, on leur a demandé ce que ces animaux évoquaient dans leur imaginaire en proposant certains oiseaux comme exemple : aigle, corbeau, vautours, hirondelle, rossignol, colombe… Par là, il est apparu clairement que certains animaux évoquaient dans notre imaginaire des choses agréables (amour, paix, voyage, majesté, force…) et d’autres des choses plus sinistres (malheur, mort, cruauté…)
    è On en concluait que le titre était vague (pluriel générique) et ambigu (oiseaux de bon (+) ou de mauvais (-) augure).

    b) Le motif des oiseaux dans le début du film
    On a demandé aux élèves de préparer le tableau ci-dessous et de le remplir au fur et à mesure du visionnage. Le but est de montrer aux élèves que cette ambiguïté sur les oiseaux se retrouve au début du film.

    Temps

    Description

    Valeurs + / -

    0’15’’

    Générique : Une foule de corbeaux piaillent, croassent, battent des ailes, traversent l’écran dans tous les sens, enfin déchirent ou picorent les lettres du générique.

    Visions et bruits effrayants. Effet angoissant.

    Annonce du genre fantastique ?

    1’59’’

    Cris de mouettes, mouvements des mouettes en cercle au-dessus de la ville qui étonnent Mélanie mais sont explicables par une tempête en mer selon la marchande d’oiseaux.

    Sifflement d’un jeune garçon au passage de Mélanie.

    Proximité de la mer ?

    Inquiétant regroupement ?

    Humour, plaisanterie : annonce du thème amoureux ?

    2’15’’

    Marchand d’animaux. Achat d’un mainate. Nombreux oiseaux dans des cages. Recherche des inséparables ( lovebirds ). Fuite de l’oiseau. Comparaison de la maison de Mélanie à une cage dorée : jeune femme oiseau ? Achat d’un couple d’inséparables pour la sœur de Mitch.

    Oiseaux pacifiques, tranquilles.

    Poursuite du thème amoureux ( lovebirds ) en rapport avec la naissance du couple. Comédie.

    9’37

    Les inséparables secrètement livrés chez Mitch par Mélanie à Bodega bay.

    Stratagème amoureux pour revoir Mitch. Les amoureux inséparables .

    24’28

    Passage de mouettes au-dessus de la barque de Mélanie puis attaque de l’une d’entre elles. Mélanie blessée légèrement à la tête. " Je n’ai jamais vu une telle chose " (Mitch)

    Evénement inhabituel, étrange, possible mais inexplicable. Premièr