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Expérimentation d’activités de QCM interactif pour des 2ndes

03 / 03 / 2009 | le GREID Lettres

 

par Françoise Cahen , lycée Maximilien Perret, Alfortville

 

Que vaut un logiciel de QCM interactif face aux difficultés des élèves de seconde en français ?

A priori, on pourrait penser que le français au lycée est l’une des matières qui se prête le moins aux QCM. Les élèves arrivent de collège sans savoir développer, argumenter, ni construire un devoir, et il est bien difficile de faire acquérir ces compétences qui nécessitent un travail de fond.

 

Les QCM interactifs sont des exercices courts où l’on doit cocher des cases, remettre des énoncés dans l’ordre ou relier des éléments ; et l’on pourrait naturellement hésiter avant d’y avoir recours pour remédier à ces difficultés des secondes- davantage liées à des problèmes de rédaction…

 

Pourtant je suis très satisfaite de mes premières utilisations de ce genre de logiciel, dans le cadre d’une classe nomade, équipée d’ordinateurs portables, en modules ou en aide individualisée. J’utilise le logiciel de tests de « Net Support School » fourni avec l’armoire nomade, et c’est une expérience stimulante pour les élèves que j’essaie de développer. On peut penser qu’avec des exercices de type « Hot Potatoes », on puisse arriver au même résultat.

 

I. Les types d’activités expérimentées

 

A. Les révisions d’orthographe et de grammaire.

 

 En aide individualisée, ce sont les activités qui ont fait l’objet naturellement des premières utilisations de ce logiciel. Il est évident que l’accord du participe passé se prête par exemple aux réponses à choix multiples, les exercices sont faciles à imaginer. On peut d’ailleurs proposer en annexe des documents qui rappellent aux élèves les règles à appliquer : le logiciel intègre ces supports à l’exercice.

 

B. L’étude ciblée de notions stylistiques

 

L’étude des registres, des points de vues, de la versification ou des figures de style peuvent faire l’objet d’exercices assez variés. L’avantage du logiciel est de permettre de taper des extraits de textes assez longs pour être l’objet d’analyses significatives.

 

C. Méthodologie du commentaire ou de la dissertation

 

Le commentaire ou la dissertation sont des exercices d’écriture longue, donc à priori moins propices aux QCM . Pourtant, j’ai créé quelques exercices dont je suis assez contente. On peut par exemple couper en morceaux une introduction ou une conclusion de devoir, et demander aux élèves de les remettre en ordre. C’est très efficace pour leur faire prendre conscience de la structure de ces parties essentielles d’un devoir… On peut leur faire choisir le meilleur type de plan pour tel ou tel sujet, etc.… Il convient bien sûr de garder un moment pour justifier ensuite ensemble les choix effectués.

 

 

 

II. Les fonctions annexes du logiciel

 

A. L’évaluation automatique , la présentation du rapport d’erreurs

 

Les élèves sont très stimulés par leur « score », qu’ils peuvent obtenir aussitôt après avoir fini la série d’exercices. Même s’il ne s’agit pas d’une note qui compte dans la moyenne, la performance, parce qu’elle est calculée par la machine, doit s’apparenter pour eux à celle d’un jeu sur une console… On entend alors des exclamations inattendues de la part d’élèves qu’on croyait démotivés : ils peuvent aussi comparer leur résultat avec celui des autres, c’est un véritable concours qui s’instaure, et cela paraît assez incroyable quand on travaille sur la méthodologie du commentaire ! On peut envoyer aux élèves leurs résultats détaillés exercice après exercice, avec pour eux la possibilité de faire apparaître les bonnes réponses si on le souhaite.

 

B. La surveillance du test en direct par le professeur

 

Sur son écran, le professeur voit en direct les résultats des élèves s’afficher individuellement pour chaque exercice. On peut ainsi repérer ceux qui vont lentement par rapport aux autres, rappeler à l’ordre ceux qui font trop d’erreurs, féliciter ceux qui réussissent. Le fait de se savoir surveillés par leur enseignant est aussi un moteur pour les élèves. Il n’est pas besoin de faire le tour des tables : la communication avec l’ensemble de la classe est facilitée.

 

C. La possibilité d’interrompre momentanément un test

 

Si l’on voit qu’une question est mal comprise par les élèves, parce que tous font une faute, on peut arrêter le test pour expliquer les choses. On peut choisir une technique plus formative d’application des tests, en stoppant l’exercice après chaque nouvelle question, afin que les justifications puissent être faites sur le vif, tous ensemble.

 

 

 

III. Un premier bilan personnel de ces activités

 

A. Des résultats qui dépassent mes attentes

 

Je ne m’attendais à vrai dire pas à ce que ces exercices déclenchent un enthousiasme aussi massif. On peut d’abord constater que 100% des élèves se mettent au travail, alors que devant les mêmes exercices photocopiés, on n’arrive pas du tout au même résultat… Je me suis même permis de leur faire refaire une deuxième fois la même série d’exercices : les élèves se sont montrés encore plus motivés pour améliorer leur « score » précédent. Ce sont d’ailleurs les élèves les plus en échec qui se sont le plus investis la deuxième fois, courant même jusqu’à mon bureau une fois l’exercice fini pour voir leurs résultats plus vite ! Dans un contexte de classe, où il est parfois difficile d’obtenir des plus faibles la rédaction personnelle d’un paragraphe, on peut leur faire faire sans peine une dizaine d’exercices en une heure, sans que cela leur semble véritablement un « travail ». Bien sûr, on ne pourra pas travailler uniquement avec ce support, qui ne les fait pas du tout rédiger : mais il s’agit d’un stimulant, qui peut activer fortement certaines compétences, et que j’utiliserai maintenant régulièrement.

 

B. Les réserves liées à ce nouveau type d’activités

 

Dans la classe nomade, j’apprends peu à peu à gérer les inconvénients classiques de ces technologies : tel ou tel ordinateur se remet à jour, le réseau internet sans fil se met à « sauter », et tous les exercices sont « perdus », une ou deux machines ne veulent plus communiquer avec l’ordinateur du professeur pour d’obscures raisons… Il vaut mieux être patient, prévoir des exercices qui durent 20 minutes, pas plus, pour être sûr qu’en une heure on aura le temps de les réaliser. On peut prévoir, pendant que les ordinateurs s’allument, de revenir sur le thème qui sera développé dans les exercices, pour mettre les élèves en condition. Et en cas d’interruption « technique » de l’activité, on demande aux élèves de recommencer, cela n’en est que plus formateur. Si tout va plus vite que prévu, un jour où miraculeusement tout fonctionne bien, nous pouvons corriger plus longuement les exercices.

 

Un défaut majeur des activités de ce logiciel est d’être très limité en termes de justifications des réponses : on ne peut donc pas se limiter à ces « vrais ou faux » « remise en ordre des énoncés », etc.… Il faut bien prévoir du temps ensuite pour expliquer les choix opérés. Si l’élève a su identifier le registre d’un extrait de texte, il doit pouvoir dire pourquoi : il n’a pas la place de le faire dans le QCM mais on le fera oralement lors de la correction. On peut aussi imaginer de profiter de l’émulation créée par ce type d’exercice pour les lancer dans la rédaction d’un paragraphe, sur l’ordinateur, et pourquoi pas, sur le blog de la classe.

 

Enfin, le professeur, pour préparer une séance de ce type, doit consacrer au moins une heure à concevoir et à enregistrer les exercices, ce qui peut paraître long en termes de préparation, même si c’est un plaisir de créativité pédagogique. De toute façon, une fois que cette séance d’une heure est enregistrée, on pourra la réutiliser pour le second groupe de module, pour une autre classe ou l’année suivante. Dans un avenir proche, on peut penser qu’il existera des manuels d’exercices interactifs qui mettront à la disposition directe des enseignants de lycée ces types d’activités, puisque c’est déjà le cas au collège pour la grammaire.

 
Exemples d’exercices :

http://www.weblettres.net/blogs/uploads/f/fcahen/10553.htm
http://www.weblettres.net/blogs/uploads/f/fcahen/10551.htm
http://www.weblettres.net/blogs/uploads/f/fcahen/10392.htm
http://www.weblettres.net/blogs/uploads/f/fcahen/9442.htm