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L’oralité dans les contes : écrire pour mieux raconter et raconter pour mieux écrire

06 / 09 / 2015 | le GREID Lettres
par Adeline Fernandes, professeur au Collège Descartes, Le Blanc-Mesnil


Niveau(x) : 6e
 
Objectif général de la séance :
Rédiger la suite d’un conte en utilisant les marques de l’oralité.
Enregistrer le texte pour travailler l’expression orale et améliorer l’expression écrite.
 
Objectifs pédagogiques :
Lire :
Étudier l’universalité et la diversité des contes.
Travailler sur la tradition orale des contes.
Écrire :
Rédiger la suite d’un conte
Rédiger un texte qui présente les marques de l’oralité (les interventions du conteur et les apostrophes aux lecteurs, la ponctuation, les types de phrases, les niveaux de langue, une initiation au discours rapporté)
Dire  :
Enregistrer ce texte pour améliorer l’expression orale et l’expression écrite.
S’exprimer de façon audible et compréhensible.
 
Compétences du socle commun visées à travers cette activité : 
Adapter son mode de lecture à la nature du texte proposé et à l’objectif poursuivi.
Manifester, par des moyens divers, sa compréhension de textes variés.
Créer, produire, traiter, exploiter des données.(Compétence 4)
 
Supports :
Extrait du conte créole Lapin ki vlé mandié Bondyé tiboin lèspri (Le lapin qui voulait demander à Dieu un peu plus d’intelligence) dans le manuel Fleur d’encre, Français 6e chez Hachette éducation.

 
Durée : 4 heures
 
Démarches et activités :

Cette séance s’inscrit à la fin d’une séquence sur l’étude du conte en 6e. Les élèves sont amenés à réfléchir sur l’origine orale de ce genre littéraire par l’étude d’un conte qui a gardé dans sa forme écrite les marques de cette oralité.
Après avoir procédé à une lecture analytique de l’extrait du conte créole, les élèves doivent en rédiger la suite en respectant la consigne suivante : « Choisissez une des épreuves imposées à Compère Lapin et rédigez-la en respectant les marques de l’oralité utilisées dans le texte d’origine. »
Une fois les textes terminés, les élèves enregistrent leur conte pour vérifier sa portée orale, produire un enregistrement audio de qualité par une lecture expressive et compréhensible et enfin améliorer le texte écrit grâce aux modifications faites oralement.

 
Outils numériques :

Utilisation du traitement de texte et d’outils en ligne comme le site du dictionnaire Larousse et le conjugueur pour améliorer l’expression écrite.

Audacity et des casques micro pour l’enregistrement des contes.

L’Espace Numérique de Travail (E.N.T) de l’établissement pour déposer et récupérer les travaux d’élèves.

Apports spécifiques des outils numériques :

Le traitement de texte facilite le travail d’écriture et de correction des élèves. En effet, écrire à l’aide d’un clavier semble toujours plus simple aux élèves car ils peuvent utiliser les outils mis à leur disposition pour améliorer leur texte, écrire, effacer et recommencer sans peine car leur « brouillon » est toujours propre et lisible. Lors de la correction, les commentaires et annotations en couleurs sont plus agréables à lire pour l’élève qui peut alors faire des ajouts, des suppressions ou modifier certaines phrases sans avoir besoin de réécrire tout son texte.
Je tiens toutefois à préciser que certains élèves, surtout en 6e, ne maîtrisent pas du tout le traitement de texte (majuscules, accents, ponctuation, alinéa,...). Les exercices d’écriture sont donc également très importants pour leur permettre de connaître cet outil et il faut parfois passer un peu de temps à leur expliquer les bases. Il ne faut pas non plus hésiter à s’appuyer sur les connaissances des autres élèves qui se font toujours un plaisir d’aider leurs camarades en difficultés.
Audacity est un logiciel très complet et facile à prendre en main. Il permet de s’enregistrer et d’améliorer son oral sans avoir besoin de tout recommencer à chaque fois car l’élève peut couper uniquement la partie qui ne lui plaît pas. Chaque élève s’enregistre à son rythme et de façon autonome.
Enfin, l’Espace Numérique de Travail permet de récupérer très facilement les travaux des élèves. Ils peuvent également y récupérer des dossiers, avoir accès aux consignes que ce soit en classe ou à la maison.

Déroulement de la séance

Séance 1

Chaque élève choisit individuellement une épreuve parmi celles que Dieu impose à Compère Lapin dans le texte étudié en classe : « Bon : retourne sur la terre, et dans huit jours, tu me rapporteras : une dent de Zamba, des poils de cochon marron, du lait de vache sauvage, une crotte de tigre, tout ça dans un petit coco d’Espagne où tu as déjà fait entrer une couleuvre et ses sept petits... ».
Les critères de réalisation de leur texte sont ensuite élaborés de façon collective en classe entière. Pour ce faire, les élèves s’aident de l’étude du texte d’origine faite en cours. Ils redonnent oralement toutes les marques de l’oralité qui ont été observées dans le passage étudié. Ce sont ces marques que les élèves devront intégrer dans leur texte. On les note ensuite au tableau. Une fois validées par tous les élèves, les consignes sont publiées dans la partie classe de l’E.N.T. de l’établissement.

 

Séance 2

Les élèves rédigent l’épreuve de Compère Lapin en salle informatique en respectant les consignes d’écriture qui ont été publiées sur l’E.N.T. Ils utilisent tout d’abord le traitement de texte et les outils en ligne que j’ai mis à leur disposition sur le site du collège pour améliorer leur production.
Une fois leur texte terminé, les élèves me transmettent leur travail en pièce jointe sur mon mail de l’E.N.T pour que je puisse procéder à une première correction. Il s’agit pour moi de faire des commentaires sur le contenu. En effet, je privilégie toujours dans un premier temps l’invention, la cohérence du texte et le respect des consignes. Mes commentaires portent également sur la syntaxe car je demande aux élèves de reformuler les phrases que je ne comprends pas ou qui sont maladroites. Dans cette étape un peu plus complexe, il est intéressant de passer par l’oral en demandant aux élèves de lire les phrases en question à voix haute. Souvent, ce sont les autres élèves qui « entendent » l’erreur, la maladresse et aident leur camarade. La correction orthographique est la dernière étape de correction.

Séance 3

Les élèves récupèrent leur texte accompagné de mes commentaires en allant sur leur messagerie de l’E.N.T. Ils procèdent alors aux corrections et une fois qu’ils sont satisfaits de leur travail, ils copient leur texte dans les commentaires de l’article du blog où se trouvent les consignes d’écriture sur l’E.N.T. Je constate que certains textes comportent encore des erreurs mais le but de cet exercice est de permettre aux élèves d’améliorer leur écrit grâce à leur enregistrement audio.

Séance 4

Les élèves enregistrent leur texte en salle informatique. Cette séance se fait en demi-groupe pour modérer le bruit lors des enregistrements. Les élèves utilisent les casques micro du collège (le matériel de l’établissement n’est pas toujours très fonctionnel et j’ai demandé aux élèves qui possédaient un casque micro de l’apporter en cours.). Les élèves retrouvent alors leur texte sur l’E.N.T et commencent les enregistrements en utilisant le logiciel Audacity (seul un rapide rappel d’utilisation est nécessaire car les élèves ont déjà utilisé le logiciel avec leur professeur d’éducation musicale). Les élèves travaillent à leur rythme, s’enregistrent et améliorent leur travail en autonomie. Certains s’entraident également en écoutant le travail de leurs camarades et en donnant leur avis.
Cette séance leur permet alors de vérifier que leur texte comporte bien les marques de l’oralité. En effet, plus la lecture est fluide, plus le texte est correctement écrit. Certains élèves d’ailleurs ne respectent pas complètement le texte qu’ils ont écrit et ajoutent ou enlèvent des éléments de ponctuation, des mots ou des phrases pour rendre leur récit plus vivant et surtout plus oral. C’est là que réside tout l’intérêt de l’enregistrement. En effet, les corrections que les élèves ont instinctivement apportées à leur enregistrement audio vont ensuite être apportées au texte écrit. Les élèves comprennent ainsi beaucoup mieux certaines notions telles que les usages de la ponctuation.
Lorsqu’un élève est satisfait de son travail, j’écoute son enregistrement. Ensemble, nous constatons tous les éléments qui ont été modifiés entre le passage à l’écrit et le passage à l’oral. Je demande à l’élève de m’expliquer pourquoi il a fait ces modifications afin qu’il explicite les procédures qu’il a mises automatiquement en place et pour se remémorer les différentes leçons étudiées en classe sur les marques de l’oralité. L’élève prend conscience, par ce passage de l’écrit à l’oral, qu’il a des connaissances formelles en écriture (en langue ainsi que sur les genres littéraires) qu’il a été capable d’appliquer automatiquement en lisant et relisant son texte.
Les élèves corrigent donc leur texte en suivant les modifications apportées par l’oral. 
J’ai pu constater que cette démarche redonnait confiance aux élèves qui rencontrent des difficultés à l’écrit, quoiqu’ils soient souvent à l’aise à l’oral.

Exemples

Texte d’origine publié par Grace :

Amélioration du texte après l’enregistrement oral :



Texte corrigé d’Abishai :
 
 

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