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Objectif DNB : Préparer l’épreuve de français

10 / 04 / 2018 | le GREID Lettres

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Quelques recommandations pour préparer l’épreuve de français du DNB, entraîner ses élèves et les guider dans leurs révisions.

1) Pour aider à préparer l’épreuve tout au long de l’année

Ritualiser et fractionner

  • La pratique de DNB blancs ne peut suffire à préparer l’examen ; il est essentiel que les élèves soient exposés régulièrement à des fragments de l’épreuve, sous la forme d’exercices partiels ou d’exercices corrigés sur lesquels ils peuvent s’entraîner au fil de l’eau.
  • L’écriture : afin qu’ils améliorent leurs compétences de rédaction, il convient que les élèves écrivent ou rédigent à chaque heure de cours, entre 5 et 10 minutes (« C’est en écrivant qu’on devient écriveron », Raymond Queneau), y compris par exemple sur les questions ouvertes de la lecture analytique.
  • L’orthographe doit être l’objet de travaux fréquents et ritualisés : dictée de la semaine, phrase du jour, verbe de la semaine, réécriture hebdomadaire, etc. Pour que ces exercices portent tous leurs fruits, ils doivent s’accompagner d’activités permettant aux élèves d’exercer leur raisonnement orthographique : identification des zones à risques, matérialisations des chaines d’accord, questions aux pairs ou à l’enseignant, négociation, relecture selon des consignes particulières.

Expliciter
Il convient de multiplier les moments où l’on explicite clairement aux élèves les attendus de chaque partie d’épreuve et les stratégies cognitives à mettre en œuvre pour réussir, afin de lever tous les malentendus possibles et de rendre accessibles et partagés les processus de travail et de réflexion engagés.
Dans cette perspective, quelques pratiques sont à envisager :

  • Faire rédiger les éventuelles fiches méthode par les élèves, avec les élèves.
  • Faire avec les élèves une typologie des questions de langue possibles  :
    - morphologie lexicale
    - identification de classes grammaticales et analyse de leurs fonctions syntaxiques
    - repérage et analyse de groupes syntaxiques avec manipulation
    - morphologie verbale, identification de temps et de modes
    - types et formes de phrase
    - ponctuation
    - comparaison entre langue orale et langue écrite.
  • Faire avec les élèves une typologie des questions de compréhension possibles1 et réfléchir aux stratégies différentes qu’elles amènent à mobiliser.
    - les questions dont la réponse est écrite dans le texte (il suffit de prélever l’information et parfois de reformuler la question pour répondre) ;
    - les questions dont la réponse n’est pas écrite mais toutes les informations sont dans le texte (il faut déduire et raisonner pour répondre) ;
    - les questions dont la réponse est ouverte (il faut choisir un point de vue ou imaginer une représentation du passage et être capable de le défendre, de le justifier, voire d’interpréter avec pertinence en s’appuyant sur le texte) ;
    - les questions qui invitent à faire des rapprochements, et en particulier des liens entre texte et image.
  • Pour préparer les sujets d’écriture, élaborer avec sa classe des critères de réussite.
  • Penser les temps de correction de devoirs comme des moments d’explicitation :
    - Mettre les élèves en situation de correcteur et leur demander d’expliciter leur évaluation.
    - Travailler sur des extraits de copies d’élèves, comparer différentes réponses, justifier les réussites, nommer les erreurs, les classer, y remédier ensemble.
    - Pour les questions de compréhension et d’interprétation, proposer des corrigés « à choix multiples » : parmi plusieurs réponses d’élèves, leur demander de cocher la meilleure proposition et de justifier leur réponse.

Ne pas systématiquement externaliser les révisions

Plutôt que de considérer qu’apprentissages et révisions sont le fait de temps extra-scolaires, organiser ces moments essentiels dans la classe, à la faveur d’heures d’accompagnement personnalisé par exemple.
Avant chaque devoir, prévoir un temps (un moment de la séance peut suffire parfois) où l’on récapitule ce qu’il faut apprendre, ce qu’il faut savoir faire, et où l’on liste ensemble les outils disponibles pour ce faire.
Organiser des temps de travail en groupe où les élèves s’interrogent entre eux. Faire réaliser des fiches de révisions : « Je sais/ Je sais faire ».

2) Pour faire réviser DNB blancs et DNB :

Concevoir pour ses élèves ou avec ses élèves un support, un guide de révisions très explicite, un programme de travail qui aide les élèves eux-mêmes et aide aussi ceux qui les aident (parents, associations, professionnels intervenant dans le cadre du dispositif « Devoirs faits »...)
Récapituler ce qu’il est essentiel de savoir : connaissances et méthodologie. Aucun élève ne devrait avoir l’idée que « le français ne se révise pas ».

Consacrer une séance à recenser ce dont on aurait besoin pour réussir si l’on avait le droit d’avoir des documents personnels.
Envisager de faire faire à ses élèves une fiche personnelle qu’ils auront le droit d’avoir avec eux pendant l’épreuve du (premier ?) DNB blanc.

Pour préparer le sujet de réflexion, aider ses élèves à se remémorer les œuvres étudiées au cours de l’année et plus généralement au cycle 4 afin qu’ils puissent les remobiliser au cours de leur argumentation (œuvres intégrales, lectures cursives, textes étudiés en extraits, mais aussi films, œuvres d’art, etc.) : remue-méninges en groupe par exemple pour classer ces œuvres dans une sorte de tableau ou schéma ou carte mentale recensant auteur/siècle/genre/thème.

3) Pour tirer le meilleur parti des DNB blancs et des devoirs en temps limité, s’autoriser à les aménager si nécessaire.

L’évaluation au cours de l’année doit être pensée et vécue comme formative avant tout. Plus encore que d’évaluer les élèves, les épreuves blanches ont pour objectif de faire progresser les élèves, de les aider à se mobiliser, de restaurer autant que faire se peut leur confiance en eux.
Tout ce qui concourrait au résultat inverse serait à repenser. Tout est préférable à des élèves qui renoncent, perdent confiance, s’arrêtent de travailler.

  • S’autoriser des gestes d’accompagnement et d’étayage individualisés pendant l’épreuve : contre le décrochage, pour soutenir la persévérance scolaire, améliorer l’estime de soi, il suffit parfois de répondre à une ou deux questions, aider à comprendre le sens d’un mot dans le contexte, encourager, pour éviter que l’élève ne renonce.
  • Penser et prévoir des gestes d’étayage méthodologique collectifs pendant l’épreuve : parce que les élèves sont particulièrement réceptifs à ce moment-là, l’épreuve peut être l’occasion de les aider à prévoir et optimiser leur gestion du temps, récapituler les questions pertinentes à se poser, lister des points de vigilances, procéder à des rappels méthodologiques (méthode de lecture efficace, méthode de réponse aux questions, méthode de relecture orthographique, plan d’un sujet de réflexion, critères de réussite du sujet d’invention, etc.)
    Cela peut se faire sous la forme de rappels au tableau pendant l’épreuve, de documents distribués à tous ou de manière personnalisée, de fiches que l’on autorise à consulter, de conseils vidéo-projetés, etc.
  • S’interroger sur les ressources qu’il est possible que les élèves aient avec eux pendant l’épreuve : documents de synthèse, méthodologie, fiches... Ces ressources peuvent avoir été préparées en AP avec les élèves.
  • Envisager la possibilité d’une salle particulière pour les élèves en très grande difficulté dans laquelle ils pourraient recevoir une aide spécifique, utiliser des ressources spécifiques, leurs classeurs, etc.

Ces gestes d’étayage, s’ils ont été très présents en début d’année, pourront être petit à petit estompés puis supprimés au cours de l’année afin de préparer aussi les élèves aux conditions d’examen.

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