20 jui. 2007

Entraînement au commentaire composé

| Retour lycée
| Retour à l’accueil |

Par
Françoise Valette, lycée Eugène Delacroix, Maisons-Alfort
(94).

- Texte de Jules Vallès donné en juin 1996 sections générales

- Etude du commentaire réalisé par un élève du lycée lors d’un
bac blanc - élève de ES - c’est à dire faisable un jour d’examen
par un élève "normal"

En
seconde

Je propose le commentaire avec quelques légères
corrections et le travail va consister à repérer les
"ingrédients" du commentaire (voir version 2 :
exemplaire en couleur - J’efface les repérages avant de la
distribuer).

=> Repérage commentés des "qualités"
du commentaire.

Je ne donne pas d’abord le texte de Vallès
afin de bloquer toutes critiques portant sur le fond. (le correcteur
doit pouvoir comprendre sans avoir à se reporter sans cesse
au texte de l’auteur)

Je ne le donne après coup afin qu’ils comprennent
pourquoi cet élève n’a pas 20 !


En première par contre,

Je vais donner le texte de l’élève
tel qu’il a été écrit (version 1 - sans couleur)
pour les mettre dans la situation du correcteur.

Évaluation du commentaire en lui-même
 : respect des critères d’évaluation (fiche "critères"
jointe ou élaboration de la fiche au cours de la séance
par confrontation des jugements).

Évaluation du commentaire par rapport au
texte.

=> Compléter le commentaire / discussion
sur la notion d’interprétation / débat sur la notation
d’une copie de français.

 

  • Texte de l’élève tel quel :

Extrait du roman L’enfant (1879) de Jules
Vallès, ce texte nous rapporte les souvenirs du narrateur,
Jacques Vingtras qui se retrouve puni, enfermé dans une salle
d’étude. L’enfant va échapper à l’ennui en
se procurant par chance les aventures de Robinson Crusoé.
Le narrateur nous montre comment il a été pris dans
l’action en s’identifiant au personnage de Robinson. Les sentiments
et les sensations du personnage nous permettent d’observer que la
réalité était pourtant bien loin du rêve.
Jules Vallès veut nous montrer à travers ce récit
que la lecture peut être un moyen d’évasion

Grâce à la lecture de Robinson Crusoé,
l’enfant enthousiasmé crée son propre monde pour effacer
la tristesse et la solitude de cette salle d’étude : "je
fais passer dans le ciel tous les oiseaux de l’île / je peuple
l’espace vide de mes pensées." Ainsi il se sert du paysage
qu’il aperçoit par la fenêtre de l’étude pour
laisser libre cours à son imagination : " en ce moment
où la lune monte là-bas, je fais passer dans le ciel..."
 ; "je vois se profiler la tête longue d’un peuplier comme
le mât du navire de Crusoé !" Jules Vallès
utilise ici la comparaison. Dans cette partie de l’extrait, l’enfant
s’identifie à Robinson, crée un paysage qui s’adapte
à ses aventures, mais il est toutefois conscient de cela.
Il va ensuite être pris au piège par son propre jeu,
enthousiasmé par la joie que lui procure celui-ci. Il se
questionne alors lui-même, ce qui renforce l’action du jeu
qui se transforme peu à peu en délire : "vais-je
être réduit à manger ces rats que j’entends
dans la salle d’étude ?" Ici aussi l’enfant utilise
son propre entourage - la salle d’étude - pour compléter
le décor. "Comment faire du feu ? Par ailleurs, les
phrases exclamatives soulignent l’enthousiasme de l’enfant et accentuent
le fait que l’enfant est totalement pris au jeu "pas de bananes
 ! Ah, lui avait des limons frais ! Justement j’adore la limonade".
L’utilisation de "justement" reprend ici l’idée
de l’identification de l’enfant à Robinson : il croit qu’il
dispose des mêmes biens que lui. L’enfant est de plus en plus
emporté par son délire. En effet, un bruit dans la
serrure lui fait croire que vont apparaître les personnages
du roman : "est-ce Robinson ? Sont-ce des sauvages ?".
Son délire est si fort que lorsqu’il prend conscience que
c’est "le petit pion", il continue son idée précédente
sur les rats : "et qui vient voir si j’ai été
dévoré par les rats ou si c’est moi qui les ai mangés
"

La réalité de l’enfant est pourtant
bien loin du rêve de Robinson et de son île. Les sentiments
et les sensations de l’enfant notamment tendent à nous le
rappeler : "j’ai le cou brisé, la nuque qui me fait
mal, la poitrine creuse…" L’enfant est par la suite "gelé",
"moulu" ; il a "les cheveux secs", "la
main fiévreuse". Son livre lui a permis de rêver
un long moment et il désire transférer ce rêve
dans la réalité. En effet, avant de posséder
le livre, Jacques paraissait bien seul dans cette salle d’étude
 : une impression de vide dominait. Le passage commence par "Rien".

C’est ce livre et cette solitude qui le poussent
à inventer un autre monde, à rêver. Il change
d’identité en se mettant à la place de Crusoé.
Pourtant le ciel de l’enfant est bien vide dans la réalité
 : il n’y a ni bateau ni oiseaux, juste des peupliers. Robinson avait
de nombreuses craintes "il peuplait l’horizon de ses craintes"
 ; l’enfant "peuple l’espace vide de ses pensées".
Malgré les sensations très fortes dont il est victime
 : la faim, la soif, le froid, l’enfant ne semble pas revenir à
la réalité. Le surveillant apparaît comme très
gêné de retrouver l’enfant dans cet état. Cependant,
l’enfant lui, a eu la possibilité de rêver alors qu’il
se trouvait seul dans une grande salle vide et froide : la lecture
lui a permis de s’échapper.

Dans cet extrait, Jules Vallès nous montre
comment un enfant réussit à s’identifier au personnage
de son roman et aussi à s’évader de la réalité.
Grâce à la lecture, l’enfant évite l’ennui,
la solitude. L’auteur souligne ici l’importance que peut avoir un
livre sur un individu. Il nous ouvre aussi d’autres horizons sur
la lecture qui peut être non seulement un moyen de s’évader
mais aussi de voyager.

 

  • Texte de l’élève avec éléments mis en valeur  :

Extrait du roman L’enfant (1879) de Jules
Vallès, ce texte nous rapporte les souvenirs du narrateur,
Jacques Vingtras qui se retrouve puni, enfermé dans une salle
d’étude. L’enfant va échapper à l’ennui en
se procurant par chance les aventures de Robinson Crusoé.

Le narrateur nous montre comment il a été
pris dans l’action en s’identifiant au personnage de Robinson.

Les sentiments et les sensations du personnage
nous permettent d’observer que la réalité était
pourtant bien loin du rêve : Jules Vallès veut nous
montrer à travers ce récit que la lecture peut être
un moyen d’évasion

Grâce à la lecture de Robinson
Crusoé, l’enfant enthousiasmé crée son
propre monde pour effacer la tristesse et la solitude de cette salle
d’étude. AINSI il se sert du paysage qu’il aperçoit
par la fenêtre de l’étude pour laisser libre cours
à son imagination  : " en ce
moment où la lune monte là-bas, je fais passer dans
le ciel tous les oiseaux de l’île.." ; "je vois
se profiler la tête longue d’un peuplier comme le mât
du navire de Crusoé !"
Dans cette
partie de l’extrait, l’enfant crée un paysage qui s’adapte
à ses aventures, mais il est toutefois
conscient de cela
 : il utilise ici une comparaison.

Il va ENSUITE être
pris au piège par son propre jeu. Enthousiasmé
par la joie que lui procure celui-ci. Il
se questionne alors lui-même
, ce qui renforce
l’action du jeu qui se transforme peu à peu en délire
 : "vais-je être réduit
à manger ces rats que j’entends dans la salle d’étude
 ?"
ici aussi l’enfant associe son propre décor
- la salle d’étude - avec le décorde Robinson - la
cale du bateau .

PAR AILLEURS, les phrases
exclamatives soulignent l’enthousiasme de l’enfant et accentuent
le fait que l’enfant est totalement pris au jeu  :
"pas de bananes ! ah, lui avait des limons frais ! justement
j’adore la limonade"
. L’utilisation
de "justement
" reprend ici l’idée de
l’identification de l’enfant à Robinson : il croit qu’il
dispose des mêmes biens que lui. L’enfant est de plus en plus
emporté par son délire.

PLUS ENCORE, un bruit dans la serrure lui fait
croire que vont apparaître les personnages du roman : "Est-ce
Robinson ? Sont-ce des sauvages ?".
Son délire
est si fort que lorsqu’il prend conscience
que c’est "le petit pion", il
continue son idée
précédente sur
les rats : "et qui vient voir si
j’ai été dévoré par les rats ou si c’est
moi qui les ai mangés
"

La réalité de l’enfant est pourtant
bien loin du rêve de Robinson et de son île.
Les sentiments et les sensations de souffrance de l’enfant
notamment tendent à nous le rappeler  : "j’ai
le cou brisé, la nuque qui me fait mal, la poitrine creuse…"

L’enfant est par la suite "gelé",
"moulu" ;
il a "les
cheveux secs", "la main fiévreuse".

En effet, avant de posséder le livre, Jacques paraissait
bien seul dans cette salle d’étude : une impression de vide
dominait. Le passage
commence pa
r "Rien".

C’est ce livre et cette solitude qui le poussent
à inventer un autre monde, à rêver. Il change
d’identité en se mettant à la place de Crusoé.

POURTANT le ciel de l’enfant est bien vide dans
la réalité : il n’y a ni
bateau ni oiseaux, juste des peupliers
. Comme Robinson
"peuplait l’horizon de ses craintes"
l’enfant "peuple l’espace vide
de ses pensées"

MALGRÉ les sensations très fortes
dont il est victime : la faim, la soif,
le froid
, l’enfant semble oublier la réalité
 : le surveillant apparaît comme très gêné
de retrouver l’enfant dans cet état. Cependant, l’enfant
lui, qui a eu la possibilité de rêver alors qu’il se
trouvait seul dans une grande salle vide et froide n’exprime aucune
plainte  : la lecture lui a permis de s’échapper.

Dans cet extrait, Jules Vallès nous montre
comment un enfant réussit à s’identifier au personnage
de son roman et aussi à s’évader
de la réalité. Grâce à la lecture, l’enfant
évite l’ennui, la solitude.

L’auteur souligne ici l’importance que peut avoir
un livre sur un individu. Il nous ouvre aussi d’autres horizons
sur la lecture qui peut être non seulement un moyen de se
cultiver mais aussi de s’évader, de fuir la solitude

| Haut de la page
| Retour lycée | Retour
à l’accueil
|

 
 
breves
Portail national de ressources en Lettres
mardi 30 août
Le portail propose aux enseignant.e.s de Lettres un point d’entrée unique vers toutes les ressources et informations utiles pour exercer leur métier ou s’y préparer : textes officiels, exemples de ressources et de pratiques, référencement de colloques et de publications…
 
Sur le Web : Voir le portail
Langage
lundi 14 septembre


Maitrise de la langue et des langages - Prévention de l’illettrisme

Sur le Web : En ligne
Eduthèque
vendredi 20 décembre



Un portail d’accès gratuit à des ressources pédagogiques numériques culturelles et scientifiques pour les enseignants du premier et second degré.

Sur le Web : Voir en ligne
Histoire des arts
samedi 12 mars

logo HDA

Le site Histoire des arts de l’académie est ouvert à tous

 

Sur le Web : >> voir le site