20 jui. 2007

Dégager le plan d’un texte descriptif


Pour cet exercice, on pourra demander aux élèves soit de conserver le texte sous les titres donnés, soit de ne conserver que les titres donnés. On pourra par ailleurs utiliser les fonctions liées au mode plan qui permettent de ne voir que certains niveaux de titres. Cette pratique devrait permettre aux élèves de prendre conscience de la progression du texte sans avoir nécessairement l’ensemble du texte sous les yeux et de vérifier la cohérence de leurs titres.

 

Voici un texte extrait d’une nouvelle. Il s’agit d’une description. Copiez ce texte dans votre traitement de texte en utilisant le mode plan. Indiquez le plan du texte en le découpant sans modifier l’ordre et en écrivant un titre clair pour chaque partie que vous aurez isolée.

 

Description de la Vénus d’Ille

 Je descendis dans le jardin, et me trouvai devant une admirable statue. C’était bien une Vénus, et d’une merveilleuse beauté. Elle avait le haut du corps nu, comme les anciens représentaient d’ordinaire les grandes divinités, la main droite, levée à la hauteur du sein, était tournée, la paume en dedans, le pouce et les deux premiers doigts étendus, les deux autres légèrement ployés. L’autre main, rapprochée de la hanche, soutenait la draperie qui couvrait la partie inférieure du corps. L’attitude de cette statue rappelait celle du Joueur de mourre qu’on désigne, je ne sais trop pourquoi, sous le nom de Germanicus. Peut-être avait-on voulu représenter la déesse jouant au jeu de mourre.

 Quoi qu’il en soit, il est impossible de voir quelque chose de plus parfait que le corps de cette Vénus ; rien de plus suave, de plus voluptueux que ses contours ; rien de plus élégant et de plus noble que sa draperie. Je m’attendais à quelque ouvrage du Bas-Empire ; je voyais un chef-d’oeuvre du meilleur temps de la statuaire. Ce qui me frappait surtout, c’était l’exquise vérité des formes, en sorte qu’on aurait pu les croire moulées sur nature, si la nature produisait d’aussi parfaits modèles.

 La chevelure, relevée sur le front, paraissait avoir été dorée autrefois. La tête, petite comme celle de presque toutes les statues grecques, était légèrement inclinée en avant. Quant à la figure, jamais je ne parviendrai à exprimer son caractère étrange, et dont le type ne se rapprochait de celui d’aucune statue antique dont il me souvienne. Ce n’était point cette beauté calme et sévère des sculpteurs grecs, qui, par système, donnaient à tous les traits une majestueuse immobilité. Ici, au contraire, j’observais avec surprise l’intention marquée de l’artiste de rendre la malice arrivant jusqu’à la méchanceté. Tous les traits étaient contractés légèrement : les yeux un peu obliques, la bouche relevée des coins, les narines quelque peu gonflées. Dédain, ironie, cruauté, se lisaient sur ce visage d’une incroyable beauté cependant. En vérité, plus on regardait cette admirable statue, et plus on éprouvait le sentiment pénible qu’une si merveilleuse beauté pût s’allier à l’absence de toute sensibilité.

La Vénus d’Ille, Mérimée

 

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