Lettres
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Langues et culture de l'Antiquité

Prolégomènes

20 / 06 / 2007 | le GREID Lettres

par Elisabeth Grillon, Provins

Ces réflexions, synthèse d’expériences diverses, ne sont que ce qu’il ne faudrait jamais oublier, des sortes d’évidences dont on s’éloigne en voulant bien faire, trop bien faire, dans ce qui s’appelle une heure de cours ou une séquence…

 

 

Pour la bonne liaison Collège/Lycée,

s’impose la nécessité d’ une démarche intellectuelle commune

pour progresser dans l’apprentissage de la langue latine

plus qu’un bagage de connaissances à posséder avant l’entrée en seconde.

 

Dans ce sens, première insistance :

la nécessité d’accorder à la lecture une place primordiale.

 

Il y aurait beaucoup à dire sur ce sujet

qui à lui seul peut être le sujet de réflexions partagées.

L’absence de lecture réelle, attentive, constructive,

est un premier constat qui affecte la suite.

 

Il faut donc du temps pour la lecture,

beaucoup de temps,

un temps

qui ne soit pas

mort ou passif ou déjà perturbé par ce qui va suivre :

un temps d’imprégnation ;

 

il faut donc lire et relire,

lire comme si on comprenait,

lire en mettant le ton,

comparer plusieurs lectures,

découvrir qu’au fil des lectures quelques lumières peuvent surgir.

 

Pour que sortent,

d’un amas de signes serrés,

des phrases compréhensibles,

à haute et intelligible voix,

il faut du temps.

 

En conséquence la présentation, la mise en page d’un texte sont importantes :

s’en souvenir pour choisir un manuel.

 

 

2e insistance  : Les repérages

 

L’observation du texte qui permet de repérer,

pour souligner…, faire apparaître… etc…

ne doit se faire

qu’en relisant la phrase ou les phrases

et non pas

d’en haut, du point de vue de Sirius,

ou comme dans un pré,

quand on va chercher des champignons,

on ramasse ce qu’on trouve

tantôt ici, tantôt là

à gauche, à droite,

en haut, en bas, etc…

si l’on se promène dans le texte

comme sur une surface

la cueillette n’est guère productive

même si à la fin, tout ou presque est en couleurs !

 

le sens passe par un cheminement

dans la phrase,

grâce auquel on repère, petit à petit,

des signaux qui jouent les uns avec les autres :

le verbe donne indication sur son sujet,

les noms sont rarement isolés mais en groupes,

avec adjectifs, groupes d’adjectifs, prépositions etc…

 

Repérage et lecture sont deux activités qui se reprennent et se complètent l’une l’autre.

 

 

3e insistance : nécessité de développer certains outils abstraits

comme celui de la nature des mots

et celui des fonctions essentielles .

 

A ce sujet, il serait bon de bannir l’usage de l’appellation « cé-au-dé »,

exemple-type d’un signifiant sans signifié !

Au lycée comme au collège

se poursuit l’effort qui consiste à faire comprendre

la chaîne relationnelle unissant

le sujet, le verbe, et le complément d’objet :

le verbe doit être transitif : que veut dire transitif ?

qu’est-ce ici que cet objet en rapport avec un verbe dont il est le complément ?

un nom,

(un être ou une chose),

un pronom,

une proposition … ?

 

Pour faire comprendre l’attribut, et la différence de celui-ci avec le C.O.D.,

une proposition :

faire réfléchir les élèves sur plusieurs listes de personnages de comédie ;

le même rôle :

adulescens, servus, senex, meretrix, matrona, anus, cocus, etc…

est tenu par des personnages aux noms différents :

les noms propres sont les sujets,

le nom commun est l’attribut, la fonction, le rôle dans la pièce :

Euclio senex :

Euclion est le vieillard,

joue le rôle du vieillard dans la pièce,

le vieillard et Euclion sont la même personne,

tandis que le C.O.D. par définition, est toujours différent du sujet

(sauf pour les verbes pronominaux évidemment).

 

 

4e insistance : le vocabulaire

 

Puisqu’on ne peut s’appuyer sur les capacités d’analyse,

misons sur le vocabulaire.

Tout est bon pour en apprendre,

Quelques propositions :

 

Donner le vocabulaire d’un texte,

à compléter et à rechercher en partie,

AVANT la lecture du texte

pour obtenir un effet de reconnaissance :

lire c’est reconnaître.

 

Se servir du texte latin pour

faire découvrir le sens et l’origine de mots français ,

De quel mot du texte latin étudié

rapprocheriez-vous le terme accession, passion, concupiscence ?

dans le texte étudié il y aurait : cedere, passi sumus, concupivistis …

 

Faire apprendre par cœur

des fragments de textes,

des citations latines ,

celles-là comme des Inscriptions ou certaines Epitaphes ,

peuvent se reproduire sur les murs de la classe ;

des poèmes : épigrammes à choisir, des extraits de Virgile etc…

On peut aussi choisir de faire apprendre

des exemples de grammaire

en demandant, si c’est possible,

de trouver le phénomène qu’ils illustrent :

Qui comprend : Misit legatos qui pacem peterent. ?

Que peut illustrer cette phrase ?

 

Cocher ou surligner , au fur et à mesure,

le vocabulaire connu

de la liste officielle

parue dans l’Accompagnement des Programmes,

pages 18 à 25.

Ne pas mettre la traduction à côté ;

au fil des semaines, seul le surlignage doit augmenter !

 

 

5e et dernière insistance

Bien faire la distinction entre deux types de difficultés 

quand on apprend une langue étrangère :

celles qui viennent du lexique

et celles qui viennent de la morphologie et de la syntaxe :

pour que donc la place de l’observation et de l’analyse

ne soit pas occupée ou remplacée par le vocabulaire,

il nous semble nécessaire

de proscrire l’usage

qui consiste à écrire le sens du mot sous la phrase recopiée :

le vocabulaire se note à part, en liste, en feuille séparée,

le mot latin a toujours plusieurs sens ;

il ne peut y avoir dans les moments de travail en groupes,

ceux qui cherchent le vocabulaire et ceux qui « traduisent »,

c’est à dire qui, sans plus regarder la phrase latine,

déplacent les mots français écrits

sous les mots latins

pour les remettre dans le bon ordre !

 

Manente in eosdem privatos ira vestra, mori atque exsulare

restant / les mêmes privés / votre colère / mourir et exiler

 

nobilissimos viros honoratissimosque passi sumus.

hommes très connus / et les très honorés / avons souffert

 

 

 

Pour clore ces prolègomènes

pour lesquels je demande l’indulgence si l’évidence est une banalité,

je souhaite garder longtemps le trac propre aux langues anciennes,

l’inquiétude devant un texte qui me sollicite,

mais dont la compréhension est plus ou moins différée :

nous aussi, les maîtres,

avons besoin de temps, de lectures et d’outils.

Pour que notre apprentissage se poursuive,

car il n’est pas certain

que tous nos cours de langues anciennes

nous fassent progresser en même temps que les élèves,

qu’imaginons-nous ou que pouvons-nous imaginer

comme situation de progression

dans l’apprentissage du grec et du latin ?

 

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