Lettres
&
Langues et culture de l'Antiquité

  Accueil > Collège > Troisième > Séquence 3e : Le discours argumentatif

Séquence 3e : Le discours argumentatif

20 / 06 / 2007 | le GREID Lettres

Objectif : faire la distinction entre informer, expliquer et argumenter. Repérer les outils et l’organisation du texte argumentatif.

  • Ecriture : préparation méthodique au sujet de réflexion.
  • Outils de la langue : repérage de la proposition complétive par "que" - expression de la cause


par Nicole HAMEL

 

Remarque : l’argumentation a été abordée a la séquence précédente à l’occasion de la nouvelle de M. Yourcenar : Comment Wang-Fô fut sauvé .

Déroulement de la séquence

Séance n° 1 : (1 heure)

Une civilisation de surmenage (Docteur F.Frisch – L’homme fatigué) in A la découverte de notre langue, Magnard quatrième/troisième p 263. ( voir les activités)
A la maison, le travail porte sur l’organisation du texte (introduction développement conclusion), le regroupement des idées dans le développement , la distinction entre argument et exemple.
En classe : on identifie tous les connecteurs logiques en précisant à chaque fois leur valeur.

Séance n° 2 : (1 heure)

Résumé du texte précédent élaboré par les élèves en classe ; le professeur propose un tableau complet et détaillé de tous les connecteurs logiques.

Séance n° 3 : (1 ou 2 heures)

Petits riens et ripailles - chronique de Roger Pol Droit proposée dans les tests d’évaluation seconde en 1998. Travail à la maison : repérage du champ lexical de la nourriture ; de l’opposition abondance/dénuement. Les élèves doivent avoir compris l’intention polémique du locuteur.
En classe on s’attachera à l’étude détaillée des connecteurs (cause et opposition) et des modalisateurs (sans doute, certes) et à celle des marques de jugement du locuteur qui confirment la fonction argumentative et polémique du discours.
Synthèse : différence entre expliquer et argumenter.

Séance n° 4 : (1 heure)

Outils de la langue - Repérage de la complétive par que dans Petits riens et ripailles avec un emploi de subjonctif et 2 emplois de l’indicatif. On utilise ensuite la séquence n° 3 (Vanina Vanini de Stendhal ) pour vérifier que les élèves distinguent « que » relatif et « que » conjonction de subordination. L’extrait (proposé antérieurement au Brevet) (pp. 28 à 32) : « Le lendemain du bal...ait des ennemis bien terribles » , permet de faire un relevé des verbes introduisant la complétive objet en distinguant ceux qui gouvernent l’indicatif ou le subjonctif.

Séance n° 5 : (1 heure)

Evaluation formative : argumenter en employant des connecteurs logiques .
En classe : « Vos parents vous reprochent de ne pas lire. Vous expliquez votre aversion pour la lecture à l’aide de 5 arguments différents ». Vous utilisez des connecteurs logiques.

 

Séance n° 6 : (2 heures)

Correction de l’évaluation ci-dessus (30 min)
1 h 30 : préparation au sujet de réflexion
Lecture et analyse d’un corrigé modèle (introduction et conclusion rédigées ; plan détaillé pour le développement) proposé par le professeur sur le sujet suivant : « Lis ! Mais lis donc, bon sang, je t’ordonne de lire ! »
Pensez-vous que la contrainte puisse vous aider à découvrir l’intérêt de ce qui vous rebutait d’abord ? Vous illustrerez vos arguments d’exemples tirés de votre expérience personnelle sans vous limiter nécessairement à la lecture »
Brevet 1994 Grenoble - D.Pennac Comme un roman)

Texte

Le verbe lire ne supporte pas l’impératif. Aversion qu’il partage avec quelques autres : le verbe « aimer »… le verbe « rêver ».
On peut toujours essayer, bien sûr. Allez-y : « Aime-moi ! », « Rêve ! », « Lis ! Mais lis donc, bon sang, je t’ordonne de lire ! »
Monte dans ta chambre et lis !
Résultat ?
Néant. Il s’est endormi sur son livre. La fenêtre, tout à coup, lui a paru immensément ouverte sur quelque chose d’enviable. C’est par là qu’il s’est envolé. Pour échapper au livre. Mais c’est un sommeil vigilant : le livre reste ouvert devant lui. Pour peu que nous ouvrions la porte de sa chambre, nous le retrouverons assis à son bureau, sagement occupé à lire. Même si nous sommes monté à pas de loup, de la surface de son sommeil il nous aura entendu venir.
Alors, ça te plaît ?
Il ne nous répondra pas non, ce serait un crime de lèse-majesté. Le livre est sacré, comment peut-on ne pas aimer lire ? Non, il nous dira que les descriptions sont trop longues.
Rassuré, nous rejoindrons notre poste de télévision. Il se peut même que cette réflexion suscite un passionnant débat entre nous et les autres nôtres…
Il trouve les descriptions trop longues. Il faut comprendre, nous sommes au siècle de l’audiovisuel, évidemment, les romanciers du XIXe siècle avaient tou à décrire…
Ce n’est pas une raison pour le laisser sauter la moitié des pages !

Ne nous fatiguons pas, il s’est endormi.

Daniel PENNAC, Comme un roman (Grenoble)

 

Séance n° 7 : (1 heure)

Réviser les quatre temps du subjonctif. En classe, orthographe, exercices d’acquisition (fichier Magnard des années soixante-dix) : reconnaître l’emploi du passé composé (ai) et du subjonctif passé (aie-ait)

Séance n° 8 : (1 heure)

Repérer les arguments dans un texte - Hatier troisième – Pratique du Français - Un père autoritaire (Stendhal - Le Rouge et le Noir) (p. 111) - La démission familiale A.Peyrefitte (p. 119). 

TEXTE 1

Un père autoritaire

En approchant de son usine, le père Sorel appela Julien de sa voix de stentor ; personne ne répondit. Il ne vit que ses fils aînés, espèces de géants qui, armés de lourdes haches, équarrissaient les troncs de sapin, qu’ils allaient porter à la scie. Tout occupés à suivre exactement la marque noire tracée sur la pièce de bois, chaque coup de leur hache séparait des copeaux énormes. Ils n’entendirent pas la voix de leur père. Celui-ci se dirigea vers le hangar ; en y entrant, il chercha vainement Julien à la place qu’il aurait dû occuper, à côté de la scie. Il l’aperçut à cinq ou six pieds plus haut, à cheval sur l’une des pièces de la toiture. Au lieu de surveiller attentivement l’action de tout le mécanisme, Julien lisait. Rien n’était plus antipathique au vieux Sorel ; il eût peut-être pardonné à Julien sa taille mince, peu propre aux travaux de force, et si différente de celle de ses aînés ; mais cette manie de lecture lui était odieuse, il ne savait pas lire lui-même. Ce fut en vain qu’il appela Julien deux ou trois fois. L’attention que le jeune homme donnait à son livre, bien plus que le bruit de la scie, l’empêcha d’entendre la terrible voix de son père. Enfin, malgré son âge, celui sauta lestement sur l’arbre soumis à l’action de la scie, et de là sur la poutre transversale qui soutenait le toit. Un coup violent dit voler dans le ruisseau le livre que tenait Julien ; un second coup aussi violent, donné sur la tête, en forme de calotte, lui fit perdre l’équilibre.
STENDHAL, Le Rouge et le Noir

TEXTE 2

La démission familiale

Dans les grandes agglomérations, les jeunes sont de moins en moins enracinés dans leur famille. En effet, celle-ci est souvent absente, retenue par le travail, les transports, la fatigue. De plus, la collectivité a créé ou développé des institutions qui attirent les jeunes : l’école, le stade, le foyer, l’organisation de loisirs. L’éducateur et l’animateur assistent les parents dans leur rôle éducatif et insensiblement, ils peuvent se substituer à eux si les parents n’y prennent pas garde. Ajoutons à cela que le logement familial, exigu et bruyant, est souvent fui par le jeune qui n’y trouve pas l’espace adapté à ses jeux, à son besoin d’activité et souvent les parents, en quête de tranquillité, encouragent cette fuite.
Alain PEYREFITTE, Réponse à la violence.