15 oct. 2008

Séquence latin 5e : la familia - séance 1

séance 1 / objectif : lire une épitaphe et découvrir la familia



Hommage à une femme modèle


Texte authentique (beaucoup de formes sont archaïques)

Heic est sepulcrum hau pulcrum pulcrai feminae. Nomen parentes nominarunt Claudiam. Suom mareitum corde deilexit souo. Gnatos duos creavit, horunc alterum in terra linquit, alium sub terra locat. Sermone lepido, tum autem incessu commodo. Domum servavit, lanam fecit. Dixi. Abei.

CIL (Corpus Inscriptionum Latinarum) I 1211

Texte transposé en latin classique

Hic est sepulcrum haud pulchrum pulchrae feminae. Nomen parentes nominaverunt Claudiam. Suum maritum corde dilexit suo. Gnatos duos creavit, horum alterum in terra linquit, alium sub terra locat. Sermone lepido, tum autem incessu commodo. Domum servavit, lanam fecit. Dixi. Abi.

Ici se trouve la tombe non belle d’une belle femme. …………………………………………………………

…………………………………………………………………………………………. : elle laisse l’un d’eux …………….., mais a enterré l’autre …………….. . Sa conversation était charmante, et son allure agréable. Elle veilla sur ………….. , elle travailla ………….. . J’ai parlé. Pars.

(gravé sur une tombe à Rome)

 

I. LECTURE DU TEXTE

1. Observe le texte archaïque et le texte transposé en latin classique. Quelles différences principales remarques-tu ?

2. Ce texte est une épitaphe. En t’appuyant sur le paratexte et le texte, indique ce qu’est selon toi une épitaphe.

3. Pour préparer la traduction :
  1. Qui célèbre-t-on dans cette épitaphe ?
  2. Relève les mots qui appartiennent au champ lexical de la famille.

4. Traduction : traduis les phrases et les mots soulignés, en t’appuyant sur le vocabulaire élucidé et sur le sens transparent de certains mots. Pense à bien repérer les verbes et les sujets avant de traduire.

5. Relève dans le texte latin les différentes qualités de la défunte. Qu’est-ce qui prouve qu’il s’agit d’une matrona (mère de famille) ?

6. Observe les deux derniers mots : qui parle et qui est le destinataire selon toi ?

7. Comment pourrais-tu qualifier le style de cette inscription ? Quels éléments lui confèrent néanmoins une valeur littéraire ?

Un père au milieu de sa famille (Haut relief, IIIe s. ap. J.-C., Musée du Louvre, Paris).

II. LECTURE DE L’IMAGE

Þ Observe la scène et la position des personnages. Que peux-tu supposer au sujet de la place du paterfamilias au sein de la famille romaine ? 


RAPPEL LES NOMS ROMAINS

L’identité d’un citoyen romain est exprimée par une triple appellation  : un prénom, un nom et un surnom. Ex. : Marcus Tullius Cicero.

Le prénom : praenomen

On donne souvent aux garçons le prénom des ancêtres, ou un prénom lié à une particularité de naissance, par ex. Lucius = né à la lumière de l’aube (lux, lucis, f. : la lumière).

Les prénoms sont souvent abrégés dans les textes : ex. C. = Caius ou Gaius ; M. = Marcus, T. = Titus, etc…

Le nom : nomen

Un Romain, c’est d’abord un descendant d’une « lignée » de citoyens, qui portent tous le même nom et forment une gens. Ainsi le nom (ou gentilice) de Cicéron est Tullius, qui signifie « de la famille des Tulii ».

Remarque : les femmes n’ont qu’un seul nom : celui de leur famille mis au féminin. Ex. Tullia = fille de Tullius.

Le surnom : cognomen

Il évoque parfois une particularité physique remarquée chez un ancêtre. Ex. Calvus, « le chauve ». Ainsi Cicéron doit son surnom à un ancêtre qui aurait eu une verrue en forme de pois chiche (cicer) sur le front.

Le surnom peut aussi rappeler un trait de caractère ou une action prestigieuse. Ex. Magnus, « le grand ».


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SYNTHESE LA FAMILIA

 

Une grande « famille »

La familia à Rome, c’est l’ensemble des personnes qui vivent sous le même toit et sous l’autorité du paterfamilias. Ainsi, tous les esclaves font partie de la familia, comme l’épouse, les fils ou les filles du maître de maison, même s’ils n’ont pas la même importance. La familia est un groupe élargi, une maisonnée.

Deux membres fondamentaux de la familia : le paterfamilias et la materfamilias

  •  Le paterfamilias (le père de famille) ou maître de maison (dominus)

Le paterfamilias a tout pouvoir sur les membres et les biens de sa famille. Il peut vendre ses enfants en esclavage ou même les condamner à mort dans les cas extrêmement graves ! Devenus adultes, les enfants ne peuvent se marier, quitter le domicile familial, posséder des biens ou signer un contrat sans son autorisation. Aussi n’est-il pas rare de voir cohabiter dans la même demeure le paterfamilias et sa femme, ses fils, leurs épouses et leurs enfants !

C’est le paterfamilias qui reconnaît son enfant comme membre de la familia après sa naissance (ce jour est le dies lustricus), au cours d’une cérémonie qui a lieu devant le foyer domestique : il soulève l’enfant de terre, le prend dans ses bras, le purifie, et lui met autour du cou un petit médaillon, la bulla, avant de lui donner un prénom.

  • La materfamilias (la mère de famille), ou maîtresse de maison (domina)

La materfamilias a droit au respect du dominus, mais doit se comporter en épouse soumise. Elle passe de l’autorité de son père à celle de son mari. Son époux attend d’elle qu’elle ait de la retenue (pudor, pudicitia). Les excès comme la consommation de vin par exemple ne lui sont pas permis.

En tant que domina, elle règne sur la maison. Elle est d’abord une mère de famille (matrona), qui s’occupe de ses enfants, file de la laine, dirige son entretien, surveille l’activité des esclaves, en particulier les servantes, mais n’a pas d’activités manuelles dégradantes…

 
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Vocabulaire à apprendre : la parenté

avus,i, m. : grand-père, ancêtre

familia, ae, f. : la famille

frater, fratris, m. : le frère

filia, ae, f. : la fille

filius, ii, m. : le fils

gens, gentis, f. : la race, famille (avec ascendance et cultes communs)

liberi, orum, m. pl. : les enfants (par rapport aux parents, et non à leur âge)

mater, matris, f. : la mère
matrona, ae, f. : la mère de famille

parens, entis, m. et f. : père, mère, au pl. parentes, um : les père et mère

pater, patris, m. : le père

soror, oris, f. : la soeur