10 nov. 2011

« Rire, pour quoi faire ? » De l’usage des citations en BTS

 

par Bernard MARTIAL, lycée Langevin-Wallon, Champigny-sur-Marne (94)
 
L’idée de constituer un recueil de citations sur le thème du rire, pendant l’été 2010, pour le programme de BTS2010- 2012 « Rire pour quoi faire ? » m’est venue d’une pratique déjà ancienne de compilations et d’exploitations de citations pour mes classes préparatoires. Ces citations rassemblées sur mon site http://lecasnard.free.fr/ connaissent d’ailleurs un grand succès si j’en crois les statistiques de visites et semblent répondre à une demande.
Après un bref rappel de l’usage pédagogique de ces citations en classe préparatoire, j’exposerai quelques pistes pour l’exploitation d’un corpus de citations en classe de BTS.
 

I. De l’usage des citations en classe préparatoire scientifique

Sur mon site (accessible à tous les élèves et en particulier aux miens) les citations sont classées en plusieurs catégories :

1. Recueil de citations sur le thème au programme.

2. Résumés détaillés et citations en rapport avec le thème au programme.

- Macbeth de Shakespeare :
- La profession de foi du vicaire savoyard de Rousseau : http://lecasnard.free.fr/martial/spip.php?article512
- Les âmes fortes de Jean Giono :
Les élèves de la filière PTSI/PT ont deux épreuves de 4h au concours de recrutement de la Banque PT : une première épreuve de dissertation portant sur le thème de l’année (ou celui de l’année précédente) et mettant en jeu les trois œuvres au programme et une seconde épreuve de 4h combinant un résumé de texte en 150/200 mots et une seconde dissertation. Dans les épreuves de dissertations, la manipulation des citations est essentielle.
La majorité des sujets de dissertations se fondent sur des citations (tirées du texte à résumer dans le cas de la 2e épreuve) comme par exemple celle-ci traitée avec les élèves en cours d’année :
« En somme, nous voudrions, en même temps, ne plus être coupable et ne pas faire l’effort de nous purifier. Pas assez de vertu. Nous n’avons ni l’énergie du mal, ni celle du bien. » Albert Camus, La Chute. Vous discuterez cette proposition en vous appuyant sur les œuvres au programme.
La réussite de la dissertation tient d’abord à la parfaite identification de la problématique spécifique. Celle-ci ne peut être cernée qu’à l’issue d’une analyse fine de la citation donnée et de sa confrontation aux œuvres. Ensuite le développement de l’argumentation doit donner lieu à des citations précises des œuvres, ce qui nécessite une connaissance approfondie des textes et la mémorisation littérale de phrases-clés.
Le meilleur recueil de citations sur les œuvres est évidemment celui que l’étudiant se constitue lui-même au cours de ses différentes phases de lecture. Il comprend la citation dans son contexte et se l’approprie au moment de sa phase de découverte ou de recherche. Néanmoins, il ne paraît pas inutile de fournir un tel corpus aux étudiants, ne serait-ce que pour attirer leur attention sur tel ou tel aspect qu’ils n’auraient pas vu. Et soyons réalistes, même si certains pourront nous accuser de mâcher le travail des élèves, les élèves des CPGE scientifiques n’ont que peu de temps à consacrer aux lettres et il n’est pas indécent de guider leur travail de préparation aux concours.
Depuis quelques années, j’ai pris l’habitude d’inaugurer chacun de mes cours par trois ou quatre citations tirées du premier recueil et préalablement copiées au tableau avant l’entrée des élèves. Ces citations donnent lieu à un premier débat avec la classe : éclaircissement du vocabulaire, informations sur les auteurs, élucidation du sens, rapport avec les œuvres, reformulation en vue de l’élaboration d’une problématique. En fin de cours, une autre citation est donnée au tableau et pendant dix minutes, les étudiants doivent réfléchir à un plan en trois parties avec sous-parties. Un corrigé plus détaillé est donné au cours suivant. A tout cela, il faut bien sûr ajouter les DM et les DS. Au terme de deux (ou trois) ans de pratique, les élèves se présentent donc au concours avec une expérience méthodologique approfondie et une connaissance précise de leurs œuvres. Cette pratique m’a donc donné envie d’essayer de nouvelles pratiques avec mes élèves de BTS
 

II. De l’usage des citations en classe de BTS 2e année

Parallèlement à mon travail de compilations de citations sur le thème du « Mal » et d’analyse détaillée des œuvres au programme de CPGE, j’ai donc consacré une partie de mes vacances estivales à rechercher des citations sur le thème du « Rire », en partant de deux entrées : le substantif (le rire) et le verbe (rire). Le principe de ce recueil, pour en limiter, l’ampleur est que les phrases retenues devaient contenir explicitement le mot. Les citations sont ensuite classées par ordre alphabétique du nom de l’auteur.
Mis en ligne le 7 août 2010 à cette adresse http://lecasnard.free.fr/martial/spip.php?rubrique3 le lien a reçu 570 visites à la date du 21 avril 2011.
Les épreuves de BTS (synthèse de documents et écriture personnelle) se prêtent moins à un usage aussi massif de citations d’œuvres de références et de citations-stimulations. Néanmoins, il me semble que l’on peut réfléchir à quelques pistes pour exploiter ce florilège et de manière plus générale les citations des textes découverts ou d’autres phrases célèbres, aphorismes ou formules-chocs.
 

1. Des citations extraites d’œuvres complètes lues avec les élèves

Sur le thème de RIRE, POUR QUOI FAIRE ? nous avons lu, par exemple le petit roman de Michel Quint, Effroyables jardins. Le narrateur explique à quel point il avait honte dans son enfance des pitreries auxquelles d’adonnait son père jusqu’au jour où il apprit que ce père devait la vie à un clown allemand. Nous avons confronté le texte à son adaptation cinématographique par Jean Becker. Puis, au cours d’un contrôle, les étudiants ont eu à commenter ce passage du texte :
« Aussi loin que je puisse retourner, aux époques où je passais encore debout sous les tables, avant même de savoir qu’ils étaient destinés à faire rire, les clowns m’ont déclenché le chagrin. Des désirs de larmes et de déchirants désespoirs, de cuisantes douleurs, et des hontes de parias » p. 14
 

2. Des citations extraites de textes lus dans le cadre de synthèse de documents

Dans une synthèse sur « rire est le propre de l’homme », nous avons été amenés à lire et à expliquer les citations suivantes :
- « Plusieurs ont défini l’homme « un animal qui sait rire ». Ils auraient aussi bien pu le définir un animal qui fait rire, car si quelque autre animal y parvient, ou quelque objet inanimé, c’est par une ressemblance avec l’homme, par la marque que l’homme y imprime ou par l’usage que l’homme en fait ». Ce passage du texte d’Henri Bergson, Le Rire : essai sur la signification du comique, 1900, est essentiel à la compréhension de ce document-pivot dans le corpus. Il est donc nécessaire de s’attarder sur son explication et sur sa reformulation et même d’engager un débat sur la nuance entre « sait rire » et « fait rire ».
- Le second document du corpus commence par cette phrase de Baudelaire, extraite de « De l’essence du rire », Salon de 1846 : « Le rire est satanique, il est donc profondément humain. Il est dans l’homme la conséquence de l’idée de sa propre supériorité ; et en effet, comme le rire est essentiellement humain, il est essentiellement contradictoire, c’est-à-dire qu’il est à la fois signe dune grandeur infinie, misère infinie relativement à l’Être absolu dont il possède la conception, grandeur infinie relativement aux animaux » Cette notion de déchéance de l’homme privé de l’état de grâce édénique et sa relation avec le rire est assez complexe pour les élèves. Elle nécessite là encore une explication détaillée pour maîtriser les principaux arguments de la synthèse.
 

3. Des citations prétextes à explications, à discussions et à information

Sur le modèle des citations données en début de cours en classe préparatoire, on peut également donner une citation au tableau en dehors de son contexte et demander aux étudiants de l’expliquer. Dans la droite ligne du cours de « culture générale », ce fil de l’aiguille permet de continuer à tisser la culture des étudiants.
Quelques exemples :
a) BERGSON Henri, Le Rire : « Si franc qu’on le suppose, le rire cache une arrière-pensée d’entente, je dirais presque de complicité avec d’autres rieurs, réels ou imaginaires. »
Malgré sa spontanéité apparente, le rire est toujours un acte social qui suppose des références intellectuelles communes entre les deux parties à tel point que celui qui ne possède pas ces codes peut se sentir exclus de ce rire et ressentir au contraire une forme de tristesse ou de désarroi. Prix Nobel de littérature en 1927, le philosophe Henri Bergson publia son essai sur le rire en 1899.
b) DAC Pierre, L’Os à moelle - Avril 1939 : « Le rire désarme, ne l’oublions pas. »
Cette citation est à prendre au second degré. Le rire désamorce les sujets sérieux et graves et empêchent soit de se prendre trop au sérieux soit de sombrer dans la morosité ou le pessimisme. Mais dans le cas de Pierre Dac, le premier degré, n’est pas non plus à négliger. Avant de former un duo célèbre avec Francis Blanche, Pierre Dac était pendant la guerre une de ces voix de Radio Londres qui dénonçait la propagande allemande et contribuait à la résistance, c’est-à-dire à « désarmer » l’ennemi[1].
c) CLEMENT D’ALEXANDRIE, Lettre à son disciple Origène  : « Rire et faire rire ne convient guère à des chrétiens. »
Cette citation d’un des pères de l’Eglise chrétienne montre que la religion et le rire entretiennent des relations complexes. S’il existe une « ironie christique » comme l’explique Jean Grosjean dans son commentaire de l’Evangile selon saint Jean[2], le rire, souvent irrespectueux et blasphémateur, peut se heurter avec le mode de pensée religieux plus orienté vers la dévotion et le sacré. Il est d’ailleurs souvent plus facile de rire de la politique que de la religion dans le monde contemporain. Voir la synthèse proposée sur le site de l’académie de Strasbourg
Document n°1 : Saint Jean Chrysostome, Commentaire de l’épitre aux Hébreux, éd. Jeanmin, Paris, 1865.
Document n°2 : Georges Minois, Histoire du rire, Paris, Fayard, 2000, pp. 96-97
Document n° 3 : Christine Kossaifi, « Le rire de Pan », in Humoresques, n° 24 (juin 2006), pp.46-47.
Document n°4 : Georges Minois, Histoire du rire, Paris, Fayard, 2000, pp. 526-527
Document 5 : Piem, image publiée in Humoresques, n° 12 (juin 2000)
[…]
 

4. Confrontations de citations

Un autre exercice intéressant peut consister à rassembler des citations sur un même thème et les confronter les unes aux autres. Cette « bataille » de citations qui peut précéder l’étude d’un corpus à synthétiser ou un exercice d’écriture personnelle permet de dégager des idées dominantes et leurs nuances mais peut également aider à travailler l’expression écrite.
Voici quelques exemples de thèmes choisis à partir du florilège donné en annexe et qui peuvent ensuite orienter une progression annuelle de l’enseignement.
 
Thème n° 1 : DU RIRE AUX LARMES. Si le rire est le propre de l’homme, en va-t-il de même des larmes ? Est-ce que le rire est une façon d’échapper aux larmes ? Rire est-ce le contraire de pleurer ?.... Comme dans le cas de la synthèse, il est bien de partir d’une citation-pivot, ici celle de Beaumarchais.
1. BEAUMARCHAIS Pierre-Augustin Caron dit, Le Barbier de Séville : « Je me presse de rire  de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer. »
2. BECKETT Samuel, En attendant Godot  : « Les larmes du monde sont immuables. Pour chacun qui se met à pleurer, quelque part un autre s’arrête. Il en va de même du rire. »
3. CASANOVA Giacomo, Histoire de ma vie : « Pour faire pleurer les gens, vous devez pleurer vous-mêmes. Si vous voulez les faire rire, vous devez garder un visage sérieux. »
4. DELAVIGNE Casimir, Les enfants d’Edouard : « Comme, chez les enfants, le rire est près des pleurs ! »
5. DUVERT Tony, Abécédaire malveillant : « Nous n’avons pas assez de larmes pour tous les malheurs du monde, il faut bien rire de quelques uns d’entre eux. »
6. GAINSBOURG Serge, Paroles de la chanson Ces petits riens : « Mieux vaut pleurer de rien Que de rire de tout. »
7. LAUTREAMONT Isidore Ducasse, dit comte de, Les Chants de Maldoror  : « Riez mais pleurez en même temps. »
8. SABATIER Robert : « Le rire sucre les larmes. »
9. SCHMIDT Karl Otto : « Les enfants peuvent être ici nos guides ; voyez chez eux le rire  succède vite aux larmes. »
10. SHAKESPEARE William, Hamlet : « Où la joie a le plus de rires, la douleur a le plus de larmes. »
11. WILCOX Ella Wheeler : « Riez et le monde rira avec vous, Pleurez et vous pleurerez seul, Car le triste vieux monde doit emprunter sa joie, Mais il a bien assez de soucis en propre. »
 
Thème n°2 : LE RIRE, UNE ARME DE SEDUCTION MASSIVE.Comme le dit José Arthur, le rire est-il une arme de séduction ? Ne peut-il pas devenir un frein dans la relation amoureuse ? Le rire est-il compatible avec l’amour ? Les femmes rient-elles des mêmes choses que les hommes ?
1. ARTUR José, Un jeune homme rangé : « Faire rire une femme, c’est la séduire. »
2. CASANOVA Giacomo, Histoire de ma vie : « C’est un grand malheur pour une femme jolie que le rire l’enlaidisse ; le rire qui a souvent la force d’embellir une laide. »
3. KARR Alphonse : « Il vaut mieux faire rougir une femme que de la faire rire. »
4. MORAND Paul (cité par J. D’ORMESSON dans Une autre histoire de la littérature française) : « Ces femmes qui rient avec un bruit de carafes qui se vident. »
5. REGNIER Henri de, Donc... : « Les femmes ne se souviennent guère que des hommes qui les ont fait rire, et les hommes que des femmes qui les ont fait pleurer. »
6. RENARD Jules, Journal : « Si jamais une femme me fait mourir, ce sera de rire. »
7. RIVARD Yvon, Les Silences du corbeau : « Il y a peu de femmes qui résistent à ceux qui les font rire. »
8. VANDEREM Fernand, Gens de qualité : On peut souvent juger de l’esprit d’une femme sur ce qui la fait rire, mais aussi sur ce qui ne la fait pas rire. »
 
Thème n°3 : MOURIR DE RIRE.Peut-on rire de tout et notamment de la mort ? Rire de la mort est-ce du courage ou de la lâcheté, de la lucidité ou de la diversion ?
Voir quelques citations de Pierre Desproges sur le cancer (Pierre Desproges est mort du cancer le 18 avril 1988) : « Les imbéciles n’ont jamais de cancer. C’est scientifique. »Almanach / Rivages. «  Noël au scanner, Pâques au cimetière. » Almanach / Rivages. « Moi, j’ai pas de cancer, j’en aurai jamais je suis contre. »Textes de scène / Éditions du Seuil, Tôt ou Tard. «  Plus cancéreux que moi, tumeur ! » Almanach / Rivages. «  Il y a si longtemps maintenant que j’attends mon cancer, je ne vais quand même pas partir sans lui… »Chroniques de la haine ordinaire / Éditions du Seuil, Tôt ou Tard. «  S’il n’y avait pas la science, malheureux cloportes suintants d’ingratitude aveugle et d’ignorance crasse, s’il n’y avait pas la Science, combien d’entre nous pourraient profiter de leur cancer pendant plus de cinq ans ? » Textes de scène / Éditions du Seuil, Tôt ou Tard.
1. ECO Umberto : « Nous savons que nous allons vers la mort et, face à cette occurrence inéluctable, nous n’avons qu’un instrument : le rire. »
2. BEDOS Guy, Merci pour tout : « Il faut rire de la mort ! Surtout quand c’est les autres. »
3. COLUCHE, L’Horreur est humaine : « La mort... Si on est touché soi-même, on a intérêt à en rire ; et si on n’est pas touché, on n’a pas de raison de ne pas en rire. »
4. PREVERT Jacques : « Rire de mourir et mourir de rire. »
5. PREVERT Jacques, Soleil de nuit : « Mourra bien qui rira le dernier. »
6. SOUPAULT Philippe : « Rira bien qui mourra le dernier. »
7. STERNBERG Jacques, Dictionnaire des idées revues : « Comment rira celui qui mourra le dernier ? »
 
Thème n° 4 : LE BONHEUR DE RIRE : Le rire est-il la cause ou la conséquence du bonheur ? Le rire nous immunise-t-il contre le malheur ?
1. BELISLE Eve, Pension de famille : « Le rire est l’antidote de la morosité et de l’ennui : il dissipe les idées morbides et se fait souvent le garant d’une bonne santé mentale. Les gens qui rient  sont des gens heureux : ils n’ont pas d’histoire. »
2. CASANOVA Giacomo, Histoire de ma vie : « Ceux qui rient beaucoup sont plus heureux que ceux qui rient peu, car la gaieté épanche la rate et fait faire du bon sang. »
3. LA BRUYERE Jean de, Caractères : « Il faut rire avant d’être heureux, de peur de mourir sans avoir ri. »
4. LA BRUYERE Jean de, Caractères : « Les gens moins heureux ne rient qu’à propos. »
5. Proverbe japonais  : « Le bonheur va vers ceux qui savent rire. »
6. Joseph STALINE  : « Un pays vraiment heureux n’a pas besoin d’humour »
 
1. Citations humoristiques :
Il est bien d’étudier des citations sur le rire mais il est encore mieux de rire en étudiant ou en savourant quelques citations. Sans gâcher la spontanéité et la fraîcheur de ces aphorismes, il peut être intéressant d’analyser, sur quelques exemples choisis, les modalités linguistiques, logiques, rhétoriques et stylistiques mises en œuvre pour susciter le rire. On pourra également essayer de préciser, à cette occasion, les diverses nuances entre l’humour le plus subtile et le comique le plus expansif.
Quelques exemples :
- « L’absent dont on ne remarque pas l’absence a bien fait de s’en aller. » (Anne Barratin)
- « Il vaut mieux qu’il pleuve un jour comme aujourd’hui plutôt qu’un jour où il fait beau. » (Pierre Dac)
- « Un gentleman est un homme qui sait jouer de la cornemuse, mais qui s’en abstient. » (Woody Allen)
- « Le comble de la politesse, c’est de s’asseoir sur son derrière et de lui demander pardon. » (Alphonse Allais)
- « Il aime les femmes distantes, mais de près. » (Jean Giraudoux)
- « Les femmes qui veulent être l’égale des hommes manquent sérieusement d’ambition » (Reiser).
- « Il y a beaucoup de gens dont la facilité de parler ne vient que de l’impuissance de se taire » (Savinien Cyrano de Bergerac). 
- « Je n’ai pas aimé la pièce mais il faut dire que je l’ai vue dans les pires conditions : le rideau était levé » (Groucho Marx). 
- « Les morts ont de la chance, ils ne voient leur famille qu’une fois par an, à la Toussaint » (Pierre Doris)
- « Si l’on bâtissait la maison du bonheur, la plus grande pièce serait la salle d’attente ». Jules Renard
- « Plus je grossis et plus je m’aigris. » (Philippe Geluck)
- « Se coucher tard nuit » (Raymond Devos)
- « Un accusé est cuit quand son avocat n’est pas cru » (Pierre Dac)
- « A force de boire, je me suis altéré » (Maurice Roche)
- « apéro : verres de contact » (Antoine Blondin)
- « - A quoi est due la chute d’Adam et Eve ? - C’était une erreur de Genèse. » (Boris Vian)
- « tout n’est pas cirrhose dans la vie, comme dit l’alcoolique » (Frédéric Dard, Les Pensées de San-Antonio)
- « Si haut qu’on monte, on finit toujours par des cendres » (Henri Rochefort)
- « Si vous mettez le pied sur une vipère, vos risquez une mort sûre ». (Jean Aillaud)
 
 

 


[1] « Lorsque, le 10 mai 1944, Philippe Henriot, sur Radio Paris, s’en prend à Pierre Dac en notant ses origines Juives et mettant en doute son intérêt pour la France par un : « La France, qu’est-ce que cela peut bien signifier pour lui ? », l’humoriste lui répond le lendemain sur Radio-Londres dans un discours lapidaire baptisé « Bagatelle sur un tombeau », et dans lequel il déclare que son frère Marcel, décédé au front lors de la Première Guerre mondiale, a bien sur sa tombe l’inscription « Mort pour la France », alors que sur celle de Philippe Henriot on écrirait « Mort pour Hitler, fusillé par les Français ». Cette réponse est prémonitoire et Henriot est abattu par la résistance quarante-cinq jours plus tard ».
[2] NRF, Gallimard.
 
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